La maladie de la loque américaine décime de nombreuses colonies d’abeilles domestiques. Pour aider les apiculteurs, un vaccin dédié aux ruches vient d’obtenir une autorisation, qui pourra être étendue.

Les abeilles sont menacées. Leur espérance de vie a chuté en 50 ans. C’est une mauvaise nouvelle pour la Terre entière. Ces pollinisateurs sont absolument essentiels aux écosystèmes. Plusieurs menaces pèsent sur elles : le changement climatique, la pollution, la réduction des habitats, mais aussi la circulation de certaines maladies.

Contre ce problème infectieux, les États-Unis viennent de donner le feu vert, début 2023, pour un vaccin. Celui-ci a été développé par l’entreprise biotechnologique Dalan Animal Health. Il vise une maladie spécifique : la loque américaine (causée par la bactérie Paenibacillus larvae).

Les apiculteurs doivent brûler l'intégralité d'une ruche si elle est atteinte par cette maladie. // Source : Pixabay
Les apiculteurs doivent brûler l’intégralité d’une ruche si elle est atteinte par cette maladie. // Source : Pixabay

Cette maladie mortelle, qui atteint que les abeilles domestiques, se répandant par spores et contacts, est d’autant plus grave qu’une fois une ruche touchée, il n’existe plus qu’une seule solution pour s’en débarrasser : tout brûler. Vraiment tout : la structure de la ruche, toutes les abeilles concernées et même les équipements ayant touché ou approché la ruche. Si une seule spore survit à l’éradication, il reste viable pendant 70 ans, en mesure de recauser une infection globale. La contamination peut notamment avoir lieu lorsque les abeilles nourricières alimentent les larves avec des aliments touchés par ces spores.

Comment vacciner des abeilles ?

Pour vacciner des abeilles, le processus est bien entendu différent que chez les humains — il n’est pas question d’injecter la substance à chaque abeille une par une avec une seringue. Le vaccin est inséré sur de la nourriture fournie aux abeilles ouvrières qui transmettront ensuite le vaccin à la gelée royale, qui nourrit la reine, qui transmettra à son tour la substance aux larves. Ces dernières seront alors massivement immunisées.

Ce processus de vaccination (dite « orale » puisqu’elle passe par la nourriture) a été testé lors d’une étude reposant sur deux groupes — une ruche vaccinée et une ruche témoin (sous placébo). Les résultats étaient très largement concluants. « Nous démontrons une augmentation de la survie des larves d’abeilles infectées après que leur reine ait été vaccinée, par rapport aux progénitures des reines témoins (vaccinées par placebo). »

La licence accordée à Dalan est temporaire. Elle court sur deux ans, pour un groupe limité d’apiculteurs. Si cette première distribution grandeur nature du vaccin est concluante, alors la licence sera étendue, et accessible tous les apiculteurs.

Écoutez le podcast La 6e extinction

Quelles sont les menaces qui pèsent aujourd’hui sur le vivant ? Pour le comprendre et garder espoir, découvrez notre podcast La 6e Extinction, porté par la vulgarisatrice scientifique Marie Treibert. La série est composée de six épisodes disponibles sur toutes les plateformes d’écoute (Spotify, Deezer, Apple…).


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