Les abeilles sont en danger. Plusieurs causes pourraient bien se superposer : pesticides, maladies et… facteurs génétiques, comme le montre une nouvelle étude.

Dans les laboratoires, les scientifiques se sont aperçus d’un déclin significatif de l’espérance de vie des abeilles. Deux chercheurs en ont tiré une modélisation mathématique publiée le 14 novembre 2022. Résultat : leur durée vie s’est réduite de 50 % en seulement 50 ans.

Le problème, c’est bien que le déclin des abeilles ne touche pas seulement celles présentes en laboratoire. Elles sont des espèces menacées. Et en modélisant la durée de vie des abeilles, les auteurs ont constaté que les résultats correspondent aux pertes croissantes de colonies — et à la réduction de la production de miel — observées chez les apiculteurs.

Dans les colonies en laboratoire, la réduction de 50 % de l’espérance de vie des abeilles aboutit effectivement à un taux de perte de 33 % dans une population (c’est-à-dire au taux de non-remplacements d’individus décédés dans une colonie). Un chiffre analogue à celui rapporté par les apiculteurs — entre 30 et 40 % — depuis quelques années.

Un facteur génétique s’ajouterait aux pesticides et maladies

Le nombre de facteurs de stress pesant sur les abeilles est élevé — et une grande partie d’entre eux proviennent des activités humaines. Une autre étude, publiée début novembre quant à elle, montre comment certains produits fertilisants — des pesticides — rendent la vie difficile aux abeilles en interférant avec la pollinisation. On sait aussi que ces produits peuvent attaquer le cerveau des abeilles au stade larvaire. Et comme beaucoup d’espèces, elles font face à une réduction drastique de leurs habitats.

Les abeilles ont un rôle essentiel dans les écosystèmes : elles sont pollinisatrices. // Source : Pexels
Les abeilles ont un rôle essentiel dans les écosystèmes : elles sont pollinisatrices. // Source : Pexels

Les auteurs de l’étude dédiée à la durée de vie des abeilles relèvent qu’une composante génétique pourrait s’ajouter. Car, en laboratoire, les pesticides ou même les risques de maladie sont peu présents. Ce qui n’est pas forcément une mauvaise nouvelle et pourrait aider à la conservation : « Si cette hypothèse est juste, elle indique également une solution possible. Si nous parvenons à isoler certains facteurs génétiques, nous pourrons peut-être élever des abeilles mellifères qui vivront plus longtemps. »

Les facteurs pouvant être cumulatifs, il est crucial de pouvoir les identifier et les quantifier pour agir sur chacun d’entre eux. Les efforts de conservation en la matière sont nécessaires tant les abeilles jouent un rôle déterminant dans les écosystèmes.

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