L’observatoire SKA sera situé dans deux déserts différents et aura une immense sensibilité. Il apportera un nouveau regard sur l’aube cosmique et de nombreux phénomènes astronomiques. Ce projet a démarré dans les années 1990.

La construction du Square Kilometer Array vient de débuter. Abrégé SKA, cet observatoire sera le plus grand radiotélescope du monde… précisément, car il sera composé, en quelque sorte, d’une myriade de petits télescopes. On comptera 200 antennes paraboliques, ainsi que 130 antennes dipolaires (qui ressemblent à des sapins).

C’est donc en cette fin 2022 que cet observatoire, imaginé dès les années 1990, commence à prendre vie, après une longue période de conception. Le directeur général du SKA, Philip Diamond, estime que ce projet est « historique » et qu’il s’agit là de « l’un des plus grands projets scientifiques jamais accomplis par l’humanité ».

Le radiotélescope SKA a besoin de silence

Le SKA est réparti sur deux sites. Les 200 antennes paraboliques sont situées dans le désert australien et les antennes dipolaires sont dans le désert sud-africain. Cette division en deux sites va décupler l’acuité du télescope en permettant d’obtenir, virtuellement, une plus large vision du cosmos.

Les antennes du SKA situées en Australie. // Source : SKA Observatory
Les antennes du SKA situées en Afrique du Sud. // Source : SKA Observatory

Les sites les plus désertiques possibles ont par ailleurs été choisis pour le bon fonctionnement du SKA. Un radiotélescope se concentre sur de larges longueurs d’onde au cœur de l’espace profond. Cela signifie qu’il a besoin de silence.

Ce n’est pas pour autant que l’installation sera de tout repos. Le désert n’est pas dénué de vie : fourmis, termites et kangourous sont à prendre en compte dans la construction, tout comme l’impact de la chaleur sur les composants. Autant de défis qui accroissent le caractère monumental du projet.

Vers les origines de l’Univers

L’extrême sensibilité de ce radiotélescope va décupler la capacité des scientifiques à observer le cosmos avec précision… et toujours plus loin : la naissance et la mort des galaxies, l’étude des ondes gravitationnelles. Ce, jusqu’à remonter aux débuts de l’Univers, à l’époque de la réionisation, l’aube cosmique située entre 400 millions à 1 milliard d’années après le Big Bang. Voilà un instrument qui aidera donc à repousser notre compréhension du cosmos.

« Un voyage pour livrer le plus grand instrument scientifique du monde. »

Dans un communiqué, l’astronome Danny Price explique que la puissance du SKA le rend capable de détecter sans problème « le téléphone dans la poche d’un astronaute situé sur Mars, à 225 millions de kilomètres de nous ».

« Le projet SKA est le fruit de nombreuses années de travail. Aujourd’hui, nous sommes réunis ici pour marquer un nouveau chapitre important de ce voyage de 30 ans que nous avons entrepris ensemble », se réjouit la présidente du projet, Catherine Cesarsky. « Un voyage pour livrer le plus grand instrument scientifique du monde. »


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