Activision Blizzard est désormais dans le viseur de la SEC, le « gendarme de la Bourse » aux États-Unis. La cause est toujours la même : les conditions de travail altérées par une culture du harcèlement et des discriminations.

Qui va encore s’attaquer à Activision Blizzard dans les jours à venir ? Depuis qu’une plainte a été déposée en Californie, le groupe connu pour éditer de grosses licences de jeux vidéo (Call of Duty, Warcraft, Diablo,…) est dans le viseur de grandes instances. Plusieurs témoignages accablants ont révélé des conditions de travail gangrénées par la culture du harcèlement et des discriminations — particulièrement à l’encontre des femmes. L’ampleur du scandale est telle que la SEC s’intéresse désormais à l’affaire, rapporte le Wall Street Journal dans un article publié le 20 septembre 2021.

La Securities and Exchange Commission, ou « gendarme de la Bourse », a envoyé une assignation à comparaître à plusieurs figures importantes d’Activision Blizzard, y compris Bobby Kotick. Le CEO va devoir s’exprimer sur plusieurs points cruciaux concernant la communication autour de ces accusations de discrimination et de harcèlement sexuel. Des échanges passés entre les membres de la direction vont être particulièrement scrutés par les enquêteurs.

Activision Blizzard // Source : Activision Blizzard

Au tour de la SEC de viser Activision Blizzard

Par son investigation, la SEC entend déterminer quelles informations sur les allégations ont été divulguées aux investisseurs et si ces derniers ont suffisamment été mis au courant. Activision Blizzard va bien évidemment coopérer en fournissant des documents à propos d’échanges remontant jusqu’en 2019. De cette manière, la SEC pourra voir comment les plaintes internes ont été traitées, y compris vis-à-vis des investisseurs (à qui l’entreprise doit rendre des comptes).

D’ailleurs, un groupe d’investisseurs n’a pas hésité à déplorer le comportement d’Activision Blizzard, coupable à ses yeux d’avoir omis plusieurs détails cruciaux sur ce qui se passe dans les bureaux (en plus de soucis d’ordre financiers, dans le sillage de la rémunération jugée excessive des dirigeants). «  Grâce à la plainte déposée en Californie, nous avons appris que des problèmes étaient sévères au sein d’Activision Blizzard, que les managers étaient régulièrement informés de ces pratiques abusives, et qu’elles n’ont pas été corrigées pendant plusieurs années », déplorait Richard Clayton, directeur dudit groupe d’investisseurs, dans les colonnes de Slate le 30 août. Du côté des employés, plusieurs militants ont formé un groupe baptisé ABK Worker Alliance, dans le but d’accélérer la mise en place de mesures. 

Cette enquête fédérale vient s’ajouter à toutes les charges qui pèsent actuellement sur Activision Blizzard, plus que jamais dans l’œil du cyclone. Entre l’État de Californie, les employés, les investisseurs et maintenant la SEC, la multinationale n’a plus aucun allié vers qui se tourner. On rappelle que l’affaire a déjà coûté sa place à plusieurs figures de l’antenne Blizzard.

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