Après avoir martelé que Far Cry 6 n'était pas du tout un jeu politique, Ubisoft a rétropédalé.

« Notre histoire est politique » : en une phrase, Navid Khavari, directeur narratif de Far Cry 6, nous gratifie du meilleur rétropédalage de l’année 2021, via un communiqué publié le 31 mai. Au sortir d’une présentation vidéo, l’intéressé martelait pourtant que le jeu d’Ubisoft n’avait « aucun message politique » à faire passer, malgré les ressemblances assumées avec Cuba. En quelques heures, face aux retombées médiatiques, la firme française a changé d’avis.

Ubisoft s’est surtout rendu compte qu’il pouvait difficilement déconnecter l’intrigue de Far Cry 6 — prendre part à une révolution dans le but de renverser un dictateur sur une île fictive — de ses aspirations politiques. « Une histoire centrée sur une révolution doit être politique  », admet d’ailleurs Navid Khavari. Ubisoft n’est pas la première entreprise à retourner sa veste sur le sujet : récemment, Victura a fait le coup avec Six Days in Fallujah. 

Far Cry 6 // Source : Ubisoft

Finalement, Far Cry 6 est un jeu politique

Le changement de discours est assez marqué pour Ubisoft qui, d’un coup, assume tous les sujets sensibles soulevés par Far Cry 6 — une manière de se (re)donner le beau rôle. Navid Khavari cite : « L’essor du fascisme au sein d’une nation, les coûts de l’impérialisme, le travail forcé, le besoin d’élections libres et justes, les droits LGBTQ+ [et plus].  »

Ubisoft tente donc désormais de nous faire croire que Far Cry 6 se basera sur une intrigue sans concession. Dans le même temps, les pincettes restent de mise quant à la représentation de Cuba, qui a inspiré l’île Yara — située dans les Caraïbes. « Si certains espèrent un essai politique binaire et simplifié sur le climat actuel à Cuba, ils ne le trouveront pas ici  », rappelle Navid Khavari. L’idée reste de s’inspirer, sans trop prendre position non plus. 

Pour garantir l’authenticité de Far Cry 6, le directeur narratif rappelle que ses équipes se sont rapprochées de véritables guérilleros ayant combattus dans les années 50 et 60. Elles ont également consulté des experts. Navid Khavari indique avoir vécu lui-même les conséquences de la révolution. Il atteste : « J’ai débattu du sujet de la révolution à table pendant toute ma vie. Je peux seulement parler en mon nom, mais c’est un sujet complexe qui ne doit pas être réduit en une seule citation. » 

Bref, Far Cry 6 est passé du « blockbuster neutre » à un jeu qui n’hésite plus à « poser des questions difficiles » — avec sensibilité, légèreté et… humour.  

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