Édité par Konami, Skelattack est un petit jeu indépendant tout mignon qui ne manque pas d'idées. Mais elles ne sont pas suffisantes pour convaincre sur la longueur.

Konami n’est pas l’éditeur le plus prolifique du moment. C’est donc avec beaucoup de surprise que nous avons accueilli, le 2 juin, Skelattack — un petit jeu indépendant développé par Ukuza. En donnant sa chance à une production moins ambitieuse, Konami rejoint Electronic Arts, Ubisoft ou encore Square Enix dans cet exercice. Et, parfois, cela donne de vraies petites pépites.

Skelattack prend la forme d’un jeu en 2D mélangeant plateforme et action. La direction artistique donne envie de s’y plonger, même si le genre a accueilli de belles perles ces dernières années (les deux Ori, pour ne citer qu’eux). Skelattack peut-il faire de vieux os ? Il possède quelques arguments, mais aussi des idées moins pertinentes.

Skelattack // Source : Konami

C’est mignon

Dans Skelattack, on incarne le dénommé Skully, jeune squelette amnésique qui adore passer du temps avec Ember — une chauve-souris. En bref, son existence n’est pas si mal dans l’au-delà. Jusqu’au jour où les humains décident d’attaquer l’Underworld pour récupérer la Flamme Bleue — une source d’énergie. Skully n’a alors d’autre choix que d’enfiler le costume de héros pour sauver Elzedon, le doyen, et Aftervale, son nouveau foyer, des griffes de ses anciens congénères.

Une patte cartoon qui le distingue des autres

Skelattack est plus bavard qu’il n’y parait. Ukuza a envie de raconter une histoire et ça se ressent dans les dialogues, longs et parfois teintés d’un peu d’humour. Il est dommage que le jeu soit uniquement proposé en anglais, ce qui empêchera les moins anglophones de comprendre toutes les subtilités du scénario reposant sur moult rebondissements.

Les graphismes de Skelattack constituent certainement son plus grand argument : c’est mignon, charmant voire poétique. Skully, Ember et les personnages qu’ils croisent bénéficient de petites animations qui font mouche et il y a clairement une patte cartoon qui le distingue des autres jeux. L’ambiance est au diapason et le monde des défunts a rarement été aussi accueillant, façon Coco (le film d’animation Pixar). Skelattack s’appuie en prime sur des décors visuellement différents, afin de rendre le voyage toujours plus agréable.

Skelattack // Source : Konami

Des bonnes idées, et des mauvaises

Comme tout jeu de plateforme, Skelattack demande d’abord de bien savoir sauter. Sur ce point, Ukuza a fait un choix étonnant : si Skully peut progresser aisément d’une paroi à l’autre, le joueur doit orienter le stick à l’opposé pour aller plus haut, sans besoin d’appuyer une nouvelle fois sur la touche de saut. C’est inévitablement un coup à prendre et, par instinct, les habitués pesteront de mourir à cause d’une mauvaise manipulation. Car Skelattack se plaît à être une expérience un peu plus exigeante que la moyenne, avec certains passages vraiment corsés et des Game Over qui s’accumulent (il y a même un compteur).

Néanmoins, hormis quelques pièges mortels, Skelattack n’est pas punitif. Les points de passage sont nombreux et bien placés, empêchant ce sentiment de frustration quand il faut tout recommencer. On notera une mécanique empruntée aux Dark Souls : quand Skully meurt, on laisse sur place une partie de la monnaie récoltée dans le jeu. On peut ensuite retourner à sa dépouille pour tout récupérer, au risque d’en perdre encore plus. Ce dilemme n’est pas aussi poussé que dans les Dark Souls, puisque l’argent est moins important que des points d’expérience. Elle permet d’acheter quelques bonus utiles (par exemple, un peu plus de vie), à défaut d’être 100 % indispensables pour voir le bout de l’aventure.

On passe vite à autre chose

Quand il n’est pas nécessaire de trouver son chemin jusqu’au tableau suivant, il faut combattre. À cet effet, Skully dispose d’une grande épée, améliorable, pour se défendre face à des ennemis peu inspirés. Les affrontements ne sont pas le point fort de Skelattack, dont le gameplay manque de mordant et de précision. On évite, on frappe, on évite, on frappe… C’est tout, et ce n’est pas le boomerang, récupéré un peu plus tard, qui viendra donner du piment. Les boss ont quelques attaques qu’il faut apprendre pour triompher, sans proposer un défi insurmontable plus de cinq minutes.

Ukuza aurait pu pousser davantage le concept, par exemple en intégrant plus de pouvoirs impératifs pour terminer jeu (et dénicher plus de zones secrètes dans les environnements). Skelattack ne manque pourtant pas de bonnes intentions : on apprécie les portions verticales rappelant Flappy Bird (quand on incarne la chauve-souris) ou le chapitre basé sur l’infiltration. Ces excellents moments se noient dans une aventure dont la durée de vie se compte sur les doigts d’une seule main, sans aucune place pour une quelconque rejouabilité. Après l’avoir terminée, on passe vite à autre chose.

En bref

Skelattack

Note indicative : 3/5

Esthétiquement mignon et plutôt bien raconté (si on comprend bien l’anglais), Skelattack est un jeu d’action et de plateforme gentillet. Certaines idées fonctionnent, d’autres beaucoup moins et, à l’arrivée, l’expérience globale ne convainc pas à 100 %.

À l’arrivée, il ne reste qu’à Skelattack son challenge suffisamment bien pensé (ni trop dur, ni pas assez) pour captiver celles et ceux qui seraient en manque de sauts au sein d’environnements remplis de pièges et d’ennemis.

Top

  • Mignon
  • Des passages réussis
  • Mieux raconté que prévu

Bof

  • La mécanique des sauts entre les murs
  • Les combats inintéressants
  • Anglais uniquement

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