Quoi de neuf dans le Copyright Madness de la semaine ? Une fausse plainte pour violation de copyright sur Twitch, une université qui accuse ses étudiants de plagiat ou encore une tentative d'enregistrement de la marque Coronavirus pour coller à l'actualité. Bonne lecture et à la semaine prochaine !

Copyright Madness

Le grand débat. Algorithme et démocratie ne font pas toujours bon ménage. La chaîne CBS a diffusé une émission du débat démocratique organisé dans la perspective des élections présidentielles américaines. À cette occasion, des streamers ont souhaité commenter le débat en direct sur leur chaîne Twitch, mais une partie d’entre eux a été contrainte de devoir annuler à cause d’une fausse notification de violation de copyright adressée à la plateforme Twitch. Après enquête, la plateforme détenue par Amazon s’est rendue compte que ce n’était pas CBS qui était à l’origine de la demande et qui aurait pu éventuellement se plaindre de la réutilisation des images de l’émission. En effet, il s’agit d’un troll du copyright qui serait à la manœuvre. La société Praxis Political serait l’auteure de la plainte, alors qu’elle ne représente pas CBS. Encore un exemple qui montre que les robocopyrights portent atteinte à la liberté d’expression en bloquant des comptes avant de vérifier. YouTube n’a plus le monopole de ce genre de dérives. En grandissant de plus en plus, des plateformes comme Twitch mettent en place les mêmes mécanismes de régulation.

Anti-sèche. L’université de Laval au Québec est en train de mener un étrange combat avec ses propres étudiants. Elle leur reproche de partager leurs notes de cours sur la plateforme StuDocu, qui gagne en popularité. Celle-ci a effectivement une stratégie opportuniste, puisqu’elle propose de rémunérer les étudiants ou de leur offrir un accès gratuit à l’intégralité de la base, en échange de leurs notes. Que l’université réagisse à ces pratiques paraît logique, mais elle fait en reprochant aux étudiants de se livrer à du plagiat, puisque les cours oraux des professeurs sont protégés par le droit d’auteur. Et l’université envisage sérieusement d’infliger des sanctions en cas de non-respect de ces prescriptions. Pourquoi ne pas interdire certes d’utiliser StuDocu, mais encourager tout de même le partage des connaissances entre étudiants, par exemple en mettant en place un système institutionnel de diffusion des notes ?

Trademark Madness

Viralité. Alors que le monde tremble devant la propagation du coronavirus, nous attendions de notre côté avec fébrilité le premier dépôt de marque opportuniste. C’est presque arrivé cette semaine aux États-Unis, avec une tentative sur Covid-19, qui est le nom de la maladie. On n’a pas tellement de détails sur les intentions du petit malin qui a effectué ce dépôt, mais l’office américain des marques semble déjà annoncer qu’il y a peu de chances que cette demande soit acceptée. Il faut en effet que les marques soient distinctives, et pas seulement descriptives, ce qui fait qu’une marque « coronavirus » sur un médicament ou un masque respiratoire serait rejetée. Alors, à moins qu’une personne particulièrement dérangée veuille utiliser coronavirus pour vendre du shampoing ou des plats préparés, il y a peu de chances que ce marketing inepte se développe…

Le coronavirus nCov-2019 (illustration). // Source : Numerama / Claire Braikeh

Politesse. La Cour de justice de l’Union européenne doit se positionner sur une affaire opposant la société de production allemande Constantin Film Produktion au Bureau européen en charge des marques. La société a produit le film Fack you Goëthe, ainsi que deux suites qui ont été des succès en Allemagne. L’entreprise a fait une demande d’enregistrement de la marque Fack you Goëthe, mais a essuyé un refus. Le bureau considère que l’expression est trop proche de la célèbre injure anglaise « fuck you ». Une proximité jugée de mauvais goût et vulgaire par l’organisme européen. De plus, la chambre des recours qui suit cette affaire estime que la juxtaposition « fuck you » et Goethe constitue une violation des bonnes mœurs et porte atteinte à l’écrivain germanique. Fuck you Trademark pourrait être le nom de leur prochain film…

Onomatopée. Dans la catégorie minimalisme, nous accueillons cette semaine CBC, une chaîne de radio canadienne qui s’est distinguée en déposant une marque sur… « Oh ». Vous ne rêvez pas : deux lettres, qui correspondent à la fameuse onomatopée que l’on prononce pour exprimer la surprise… Visiblement, ce dépôt de marque assez burlesque est lié à un jeu de mots que la chaîne va bientôt utiliser pour faire sa promotion en se désignant comme Radio-Canada Oh-dio. OK, à la rigueur, pour ce trait d’humour, mais pourquoi déposer aussi seulement « Oh », en plus du slogan entier ? C’est un peu comme si Le Bon Coin déposait une marque sur « Le », en plus du nom de l’entreprise..

Le Copyright Madness vous est offert par :

Lionel Maurel

Thomas Fourmeux

Merci à celles et ceux qui nous aident à réaliser cette chronique, publiée sous licence Creative Commons Zéro, notamment en nous signalant des cas de dérives sur Twitter avec le hashtag #CopyrightMadness !

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