Le film Joker de Todd Philipps vient de remporter deux Oscars : Joaquin Phoenix pour le meilleur acteur et Hildur Guðnadóttir pour la meilleure bande sonore. Sur les quatre films DC oscarisés, une version du Joker est systématiquement présente.

L’image a fait le tour du monde : Joaquin Phoenix, les larmes aux yeux, statuette en main, en plein discours derrière le pupitre de cette cérémonie 2020 des Oscars. Il  a de quoi être ému, puisqu’il vient de remporter tout bonnement le prestigieux Oscar du meilleur acteur, pour son interprétation du Joker, dans le film du même nom réalisé par Todd Philipps. Cette adaptation du plus célèbre des antagonistes a été énormément saluée par le public depuis sa sortie en octobre 2019.

Très peu de films de super-héros adaptés de comics ont eu la chance de gagner un Oscar. Chez Marvel, 2019 avait été une année forte, puisque le film Black Panther remportait alors trois statuettes. Auparavant, seul Spider-Man 2 faisait partie des comics Marvel oscarisés, en l’occurrence dans la catégorie effets spéciaux. Pour la maison DC Comics, la récompense a été (proportionnellement) plus fréquente, puisque quatre films ont remporté un Oscar : Batman (1989), The Dark Knight, Suicide Squad et, dorénavant, Joker.

On mettra de côté le film Superman, qui a remporté une récompense spéciale en 1978 : c’était une statuette hors-compétition remise par un jury à part entière et qui ne relevait pas du même comité que les autres. Les quatre films DC oscarisés ont donc un point commun : le Joker !

Le Joker a connu de nombreuses adaptations au cinéma. // Source : DC (The Killing Joke)

Le psychopathe incoutournable de Gotham

Le Batman de Tim Burton, en 1990, mettait en scène Michael Keaton dans le costume du chevalier noir face à un Joker incarné par Jack Nicholson. Le film de Burton a remporté l’Oscar de la meilleure direction artistique. La version de Nicholson est longtemps restée la référence pour incarner le psychopathe de Gotham. Jusqu’à ce que Heath Ledger bouleverse tout, dans The Dark Knight. Salué par une majorité de cinéphiles et de fans de DC, son interprétation du Joker lui vaudra (malheureusement à titre posthume) la statuette du meilleur acteur dans un second rôle.

Enfin, en 2017, le contesté Suicide Squad remporte l’Oscar du meilleur maquillage / meilleure coiffure — une des seules qualités qu’on peut tout de même accorder à ce film. Cette histoire de l’oscarisation des films DC vient d’être complétée, ce 9 février 2020, avec l’Oscar du meilleur acteur pour Joaquin Phoenix — et de la meilleure bande originale par Hildur Guðnadóttir.

Ces quatre films ont pour point commun d’avoir le Joker au casting dans une version différente et, à chaque fois, la récompense est soit directement pour l’acteur qui l’incarne, soit pour l’esthétique — qui concerne donc aussi le style adopté par le Joker. Mais pourquoi donc cette récurrence ? Une logique se dessine facilement :  la présence du Joker influe directement ou indirectement sur ces récompenses, pour des raisons parfaitement valables.

On notera évidemment le fait que ce super-vilain est un personnage culte du catalogue DC : c’est le principal antagoniste de Batman, au look iconique et à la personnalité aussi extravagante qu’effrayante. Il est évident que tout réalisateur voulant concrétiser un film majeur dans l’univers de Gotham souhaite l’intégrer dans sa vision, y incorporer sa petite touche personnelle, marquer l’histoire pop culturelle. Le Joker de Jared Leto en est la preuve : s’il n’a pas tellement rencontré l’approbation du public, l’Oscar du meilleur maquillage décerné au film provient entre autres du travail colossal réalisé pour ce personnage.

Autre ingrédient à cette corrélation Oscar / Joker : incarner la personnalité extrême du Joker n’est pas non plus donné à tout le monde. Il faut bien des acteurs avec une certaine dimension, comme Heath Ledger, Jack Nicholson ou Joaquin Phoenix pour porter ce personnage. Si l’on prend le plus célèbre antagoniste, incarné par un acteur capable de jouer cette personnalité en y mettant son originalité, cela ne peut que produire un type de film qui, in fine, aura l’ampleur attendue par les jurés pour être récompensé d’une façon ou d’une autre par un Oscar.

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