Afin de mieux préparer son entrée en bourse, la firme suédoise part à la chasse aux internautes qui utilisent une version piratée de son logiciel pour accéder à son service payant. Une triche qui concernerait deux millions de personnes.

Depuis le début du mois de mars, Spotify s’est mis en tête de neutraliser l’accès à son service musical pour les personnes qui en profitent via une version piratée de l’application. Le géant suédois du streaming audio s’est ainsi fendu d’un courrier pour leur dire que le logiciel avec lequel ils se branchaient sur ses serveurs était désormais inutilisable.

Pour continuer à écouter de la musique, ils doivent désormais télécharger la version officielle, et donc s’abonner correctement et laisser les publicités délivrer leur message lorsqu’elles sont diffusées à l’antenne. Toutefois, à ce moment-là, aucun chiffre n’avait été divulgué sur l’ampleur de ce piratage.

Préparer son entrée en bourse

Mais selon des informations obtenues par Variety, sur les 159 millions d’adeptes de l’application musicale, 2 millions passeraient par une version piratée pour ne rien payer et, in fine, éviter les publicités, qui sont l’un des deux piliers sur lesquels Spotify se repose pour gagner de l’argent, avec l’abonnement mensuel.

Pour Spotify, c’est un problème de taille et un manque à gagner conséquent, alors que le marché de la musique en ligne est extrêmement concurrentiel et que l’avantage qu’il a pu se forger au fil des années est en train d’être remis en question par Apple. Si la firme peut se targuer d’avoir 71 millions d’abonnés payant, Apple Music en compte déjà 38 millions alors qu’il est arrivé sur ce marché bien plus tard.

CC Julien Sabardu

Mais ces versions illégales ne font pas qu’engendrer des pertes pour l’entreprise suédoise : avec son entrée en bourse, le 3 avril prochain, Spotify doit envoyer des signes à ses futurs investisseurs et montrer qu’il ne badine pas avec le piratage.

« Si nous détectons une utilisation répétée d’applications non autorisées en violation de nos conditions, nous nous réservons tous les droits, y compris celui de suspendre ou de fermer le compte » a annoncé la plateforme de streaming. Mais les pirates ne manquant guère d’imagination pour contourner les règles de l’industrie culturelle, il reste à voir combien de temps ces mesures suffiront à régler le problème.

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