Les origines de Pokémon Pokopia, prévu le 5 mars 2026 et auquel Numerama a pu jouer, remontent bien plus loin qu’on ne l’imaginait. Dans une interview publiée par Famitsu le 16 février 2026, Shigeru Ohmori — figure clé de Game Freak — révèle que l’idée lui est venue en… 2001. Il y a vingt-cinq ans. À l’époque, personne ne parlait encore de simulation de vie cozy sur Switch 2. Et pourtant, la graine était déjà plantée.
Pour rappel, Pokémon Pokopia propose de façonner un petit paradis paisible en construisant des habitats pour faire revenir les Pokémon — qui, à l’instar des humains, ont déserté l’île. Un concept particulièrement attendu par les amateurs du genre et les amoureux d’Animal Crossing. Mais son point de départ tient en réalité à un geste presque insignifiant.
L’idée de Pokémon Pokopia est née à partir d’un geste banal
En 2001, Shigeru Ohmori rejoint Game Freak. Il débute comme game designer — map designer, plus précisément — sur Pokémon Rubis et Saphir. Sa toute première mission ? Placer des touffes d’herbe sur la carte. « Lorsque j’ai rejoint Game Freak en 2001, la première chose dont j’ai été responsable était… de placer des touffes d’herbe sur la carte de Pokémon Rubis et Saphir. »

Lors de la création du jeu, l’équipe utilisait un outil proche d’un éditeur de terrain. Chaque élément posé avait une conséquence directe sur ce qui pouvait apparaître à l’écran. « Lorsque je plaçais une touffe d’herbe, les Pokémon qui y vivaient apparaissaient. Même si j’étais du côté des créateurs, j’ai trouvé cela fascinant. »
Ce fonctionnement — associer un élément du décor à l’apparition de créatures — l’a marqué. À l’époque, il s’agit simplement d’un outil de level design. Mais avec le recul, Shigeru Ohmori y voit le point de départ d’une idée plus large : donner aux joueurs la possibilité de provoquer eux-mêmes l’arrivée des Pokémon.
C’est précisément ce principe qui structure Pokémon Pokopia. Pour faire revenir les créatures sur l’île, le joueur doit modeler le terrain : aligner des blocs, planter de l’herbe, créer des habitats adaptés. La construction ne sert pas uniquement à embellir l’environnement : elle conditionne la présence des Pokémon. « Je souhaitais créer un jeu où les utilisateurs pourraient vivre la même expérience, où ils pourraient créer leur propre univers Pokémon. ». Voilà donc chose faite, pour celui qui est l’un des piliers de la licence Pokémon.
Pourquoi incarne-t-on un Métamorph dans Pokémon Pokopia ?
Une fois le concept présenté à The Pokémon Company, un défi de taille restait néanmoins à relever : « Game Freak n’avait pratiquement aucune expérience du développement dans ce genre », explique Shigeru Ohmori. C’est notamment pour cette raison que le studio s’est associé à Koei Tecmo Games (Hyrule Warriors) afin de mener à bien le développement du jeu.
Côté scénario, Pokémon Pokopia nous place dans la peau d’un Métamorph capable de se transformer en humain. Un choix pensé dès le début du projet : « Les Pokémon ne sont pas très doués pour l’utilisation d’outils, c’est pourquoi Métamorph, capable de se transformer en humain, nous a semblé idéal. De plus, Métamorph possède un large éventail de capacités », explique-t-il. Une décision cohérente : difficile d’imaginer des phases de crafting ou de terraformation en incarnant un simple Pikachu.
Mais ce n’est pas la seule raison derrière ce choix. « Si j’ai choisi Métamorph comme personnage principal, c’est notamment parce que je voulais mettre en scène une conversation entre Pokémon ». Plutôt que de reproduire les traditionnels échanges entre dresseurs et créatures, l’équipe a souhaité mettre en avant des relations d’amitié entre Pokémon, aussi bien dans le fond que dans la forme des dialogues.

Quelle est la durée de vie du jeu Pokémon Pokopia ?
En parlant des Pokémon, un autre mystère trouve un début d’explication : l’apparence du fameux Pikachu « émo », privé de son jaune éclatant. Shigeru Ohmori rappelle que, dans la série Pokémon, la « force » est un élément central de leur conception. Il cite notamment les évolutions, généralement plus grandes et plus impressionnantes, afin de souligner leur puissance accrue par rapport à leur forme initiale.
Une approche dont l’équipe a volontairement pris le contrepied pour Pokémon Pokopia. Les développeurs se sont demandé ce qu’il se passerait « si les humains vivaient paisiblement pendant longtemps dans un monde où ils ont disparu ? », avant de confier cette réflexion à un designer de Game Freak. « Peut-être que Bouldeneu est devenu comme le professeur à force de réfléchir seul. Peut-être que les couleurs de Pikachu se sont estompées à force d’épuiser son énergie ».

Enfin, la durée de vie devrait varier selon la manière de jouer. Takuto Edagawa, réalisateur principal du jeu côté Koei Tecmo, estime que « la plupart des joueurs atteindront la fin de l’histoire en 20 à 40 heures environ ». Un compteur qui pourrait rapidement grimper : Pokémon Pokopia propose deux modes en ligne. Les joueurs peuvent visiter la ville d’un autre utilisateur ou co-développer une « ville vierge » — une île commune distincte du mode histoire — que chacun peut façonner collectivement. À la manière de Minecraft, la Cloud Island fonctionne comme un serveur persistant : même si l’hôte n’est pas connecté, les autres peuvent entrer, jouer librement et faire progresser l’île à leur rythme.
De quoi nourrir encore un peu plus l’enthousiasme autour de ce jeu cozy. Pour rappel, le titre est prévu exclusivement sur Switch 2, au prix de 69,99 € en version dématérialisée sur l’eShop de Nintendo. Une version physique est également attendue.
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