Sorti à la même période que Super Mario Bros. Wonder, comme un clin d’œil au passé, Sonic Superstars ne connaîtra pas le même destin. Cette nouvelle aventure 2D du hérisson bleu est un immense raté.

Laissez-nous vous parler d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Un temps où deux mascottes s’affrontaient dans une lutte acharnée. À la droite du ring, on retrouve Mario, plombier moustachu qui adore passer son temps à combattre Bowser. Sur la gauche, on retrouve Sonic, célèbre hérisson bleu qui a connu un départ canon, mais a perdu le marathon (sauf au cinéma).

Hasard du calendrier ou clin d’œil à ce face-à-face d’un autre temps, à la fin du mois d’octobre, deux nouveaux jeux des deux sagas phares sont sortis. Mais si Super Mario Bros. Wonder a particulièrement brillé, aux yeux du public comme dans les colonnes de la presse, force est de constater que Sonic Superstars rappelle à quel point le personnage imaginé par Sega n’est plus que l’ombre de lui-même. Les deux titres misent pourtant sur un argument similaire : celui de la nostalgie, avec des graphismes en 2D taillés pour faire rejaillir de glorieux souvenirs.

Le gameplay de Sonic Superstars n’a aucun sens

On peut au moins reconnaître à Sonic Superstars son habillage mignon tout plein. Dans des décors assez variés qui défilent sans qu’on y prête trop attention, on croise des animaux attirants. Sonic et ses amis sont correctement modélisés, avec des animations qui leur confèrent beaucoup de personnalité. Il y a même des idées à défendre dans la direction artistique, en témoigne le niveau Cyber Station, dans lequel tout est grossièrement pixelisé. Et où Sonic se transforme en poulpe et en souris pour varier, un peu, les plaisirs.

Sonic Superstars // Source : Capture PS5
Sonic en souris = le meilleur moment du jeu // Source : Capture PS5

Malheureusement, la sauce ne prend pas, la faute d’abord à une absence totale de narration. On ne demandait pas le prix Nobel de la littérature, mais Sonic Superstars ne fait strictement aucun effort. Les premières minutes invitaient pourtant à l’optimisme, avec une jolie cinématique façon dessin animé, où on voit les deux méchants (Eggman et Fang, qui fait son retour). Après cette belle invitation dans l’univers de Sonic Superstars, c’est le néant absolu et on se contente d’enchaîner les très courts chapitres, sans se poser aucune question.

Sonic Superstars // Source : Capture PS5
Une jolie cinématique, et puis patatra// Source : Capture PS5

On ne sera pas davantage élogieux sur le gameplay de Sonic Superstars, qui sert d’hommage aux premiers opus de la licence (avec des références pour les fans, comme certains ennemis ou environnements). La formule est toujours aussi chaotique : on nous demande d’aller vite sans vraiment apprécier le voyage, en priant pour qu’un obstacle n’apparaisse pas au dernier moment. La sensation de vitesse n’est guère palpable et, dès qu’il faut être un peu précis, l’expérience devient presque un cauchemar.

Sonic Superstars ne fait strictement aucun effort

Les Sonic en 2D ont toujours reposé sur ce paradoxe entre la course qui se nourrit de l’à-peu-près, en quasi pilote automatique, et la plateforme qui demande plus de doigté. Les aficionados adorent, soit. Mais quand on voit comment Mario a su évoluer et s’épanouir dans différentes dimensions, il y a matière à se demander pourquoi. On aurait d’ailleurs préféré que Sega peaufine le nouveau cap vu dans Sonic Frontiers, avec une suite encore plus ambitieuse, plutôt que de se reposer sur ses lauriers désormais fanés.

Sonic Superstars // Source : Capture PS5
Il est quand même mignon ce gros cochon // Source : Capture PS5

On se rend aussi compte que tout est un peu expédié dans Sonic Superstars — dont la durée de vie ne dépassera pas les quatre heures. Les pouvoirs ? Ils sont tellement inutiles qu’il faut les obtenir en fouillant les niveaux. Ce caractère facultatif les rend totalement dispensables et on finit par oublier de les utiliser. Les différents niveaux ? Ils ne comprennent pas suffisamment d’actes (deux au maximum) pour qu’on s’imprègne de leur ambiance. Les boss ? Aucun ne sort vraiment du lot, sauf peut-être le dernier, très agaçant. Sonic Superstars a quelques (bons) moments intéressants, mais ils n’apparaissent que trop tard, en plus de se compter sur les doigts d’une seule main. À l’arrivée, on est heureux que le jeu ne dure pas plus de quatre heures. C’est un sprint éreintant, une course de haies dans laquelle on s’est pris beaucoup de… haies.

Le verdict

Quatre, comme le nombre d’heures nécessaires pour terminer Sonic Superstars. Et c’est quatre heures de trop, en réalité. En dépit d’un travail à souligner sur les graphismes, cette aventure en 2,5D du célèbre hérisson tombe totalement à plat. Elle rappelle combien la carrière de la mascotte de Sega est partie en vrille, alors qu’elle avait si bien démarré. Sonic Superstars souffre de la comparaison avec un certain Super Mario Bros. Wonder, sorti au même moment.

On cherche vraiment où Sega veut vraiment en venir avec Sonic Superstars, qui ne fait que jouer sur la fibre nostalgique pour tenter de rallumer une flamme qui s’est beaucoup éteinte ces dernières années. On se demande comment les fans font pour toujours y croire malgré tout, tant les pilules qu’il faut avaler sont de plus en plus grosses.

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