Tous les syndicats de police ne sont pas favorables à la proposition de loi sur la sécurité globale. Trois d'entre eux le font savoir depuis début novembre.

Il n’y a pas que Reporters Sans Frontières, la Défenseure des droits, la Ligue des droits de l’Homme ou les organisations professionnelles de la presse qui se dressent contre la proposition de loi relative à la sécurité globale, et plus particulièrement contre son article 24 qui entend compliquer la diffusion des visages des forces de l’ordre en opération. Au sein de la police aussi, ce texte irrite.

Dans un communiqué publié le 10 novembre, la CGT Police Nationale « d’arrêter le massacre » avec cette loi.

Revenant sur ce fameux article 24, qui pourrait obliger le public comme les journalistes à flouter le visage des fonctionnaires en mission pour échapper à d’éventuelles poursuites (le texte prévoit un an de prison et 45 000 euros d’amende s’il est établi que la vidéo a causé du tort aux forces de l’ordre), le syndicat assure qu’il n’est « pas utile de dissimuler nos visages ».

« Nous n’avons pas honte de notre manière de servir », assure la CGT Police Nationale. «  Le danger qui nous menace, le seul que nous craignons c’est celui que le politique nous fait courir en stigmatisant sans cesse nos missions, en nous éloignant chaque jour un peu plus de l’estime des citoyens, en nous donnant l’image nauséabonde d’une police digne d’un état totalitaire ».

Avant lui, d’autres syndicats étaient aussi montés au créneau, comme Vigi, le syndicat des personnels du ministère de l’Intérieur et de la police nationale, et Sud Intérieur Solidaires.

Le premier affirmait dès le 3 novembre que ses membres sont «  fiers » de leur métier et n’ont « aucune honte à être filmés en intervention », ajoutant au passage que cet article de loi est « écrit avec les pieds », parce qu’il transpire la subjectivité. Le second, le 2 novembre, qualifiait de « disposition dangereuse » cet article, alors qu’il permet «  d’exposer […] des images démontrant les dérives individuelles mais aussi systémiques ».

Des fractures apparaissent au sein de la police au sujet de cette proposition de loi. // Source : Dylan Agbagni

Les gros syndicats de police sont pour

Le fait est que ces trois syndicats ne sont pas les plus représentatifs parmi l’ensemble de la profession, qui compte 75 % de syndiqués parmi 150 000 agents.

Selon BFM TV, les huit qui comptent sont Alliance (qui compte 30 000 adhérents, c’est le plus important), Unsa, SFP FO et Alternative Police CFDT, chez les gardiens de la paix, Synergie Officiers et le syndicat des cadres de la sécurité intérieure, chez les officiers, et enfin le syndicat des commissaires de la police nationale et le syndicat indépendant des commissaires de la police nationale, chez les commissaires.

Chez ces syndicats, cette loi va dans le bon sens. C’est l’avis des quatre syndicats des gardiens de la paix, en témoignent leurs communiqués (celui d’Alliance, celui de l’Unsa, celui de la SGP FO et celui d’Alternative Police CFDT). Il est à noter que c’est devant l’Unsa que Gérald Darmanin a exprimé son souhait «  d’interdire la diffusion des images des visages » des policiers s’ils ne sont pas floutés.

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