Facebook a procédé à la fermeture de plusieurs pages autour du mouvement « Stop the steal », parce qu'elles utilisent des manœuvres trompeuses et alimentent la désinformation.

Manifestante stop the steal
Une manifestante adhérant à l’idée d’une fraude électorale massive. // Source : Anthony Crider

Voilà maintenant une semaine que l’élection présidentielle américaine a eu lieu. Plusieurs grands médias américains (AP, Fox News et CNN) ont annoncé la victoire de Joe Biden sur Donald Trump. Dans le camp républicain et à l’étranger, les félicitations ont afflué, même si le dépouillement n’est pas achevé et que des accusations de triche — sans preuve — fleurissent depuis dans la bouche de Trump.

Sur les réseaux sociaux, le ressentiment et la rancœur des partisans de l’actuel président ont donné lieu à des appels  surfant sur l’hypothèse d’une fraude massive de la part du camp démocrate, via le vote par correspondance. Cela a débuté par un cri de ralliement, « Stop the count » (« Stoppez le décompte »), pour exiger l’arrêt du dénombrement  de ces bulletins, qui sont en défaveur de leur champion.

Facebook ferme des pages « Stop the steal »  trompeuses

Depuis l’appel s’est transformé en « Stop the steal » (« Arrêtez la fraude »), surfant sur l’idée, entretenue tous les jours par Donald Trump, que cette élection ne peut être que volée si l’actuel occupant de la Maison-Blanche ne peut pas rempiler pour un nouveau mandat de quatre ans.  Un appel qui se propage notamment sur les réseaux sociaux, au point de faire réagir Facebook.

Le Washington Post rapporte dans son édition du 10 novembre que le réseau social a procédé à la fermeture de plusieurs pages liées au mouvement naissant « Stop the steal » parce qu’elles diffusaient des messages trompeurs au sujet du scrutin et utilisaient des tactiques de comportement inauthentique afin d’augmenter artificiellement le nombre de personnes ayant vu leur contenu.

En tout, ce sont sept pages qui ont été neutralisées par le site communautaire. Elles étaient suivies par plus de 2 millions de fans (il n’est pas précisé s’il s’agissait de comptes uniques ou bien si certains comptes étaient abonnés à plusieurs pages).  Selon Facebook, l’une de ces pages a été renommée en tout autre chose, ce qui a été assimilé à une manœuvre trompeuse pour attirer d’autres internautes.

Il est indiqué que ces pages étaient liées à Steve Bannon, l’ex-éminence grise de Trump, qui a été banni de Twitter pour avoir évoqué lors d’une émission en direct la décapitation de Christopher Wray, le directeur du FBI, et du médecin Anthony Fauci, qui a en charge la lutte contre la pandémie à la Maison-Blanche. La vidéo de l’émission, publiée sur Facebook et YouTube, a aussi été supprimée de ces espaces.

Ce n’est pas la première fois que Facebook intervient contre des groupes et des pages de la mouvance « Stop the steal ». Dès le 5 novembre, rapportait Vice, un groupe comptant plus de 360 000 fidèles a été fermé dès le lendemain de son apparition. Y fleurissaient en son sein des théories du complot, mais aussi des appels à la violence et à répondre par les armes à cette issue électorale défavorable.

Donald Trump
Donald Trump s’enferre dans un narratif suggérant que s’il perd, c’est parce que tout est truqué. // Source : Vinnie Langdon III

Une transition truffée d’embûches

Alors que les recours judiciaires sont lancés pour contester le résultat du vote, le récit d’une élection volée par les démocrates s’impose au sein d’une partie de l’électorat de Donald Trump, mais aussi chez certains républicains — cela, alors que les vérifications, y compris dans les États tenus par les républicains, montrent qu’il n’y a pas le début de la moindre preuve de tricherie.

En attendant, la transition d’un gouvernement à l’autre est contrariée non seulement par l’amertume de Donald Trump, qui ne peut concevoir sa propre défaite, mais aussi par la directrice de la General Services Administration, Emily W. Murphy, nommée par Donald Trump à ce poste. En effet, celle-ci n’a pas reconnu la victoire de Joe Biden, ce qui empêche ses équipes d’accéder aux bâtiments fédéraux.

Aujourd’hui, ce blocage constitue un vrai risque pour l’investiture de Joe Biden. Comme l’a analysé Corentin Sellin, professeur agrégé d’histoire et spécialiste des États-Unis, il y a une accumulation de manœuvres dilatoires qui risquent non seulement de saper la légitimité de Joe Biden à la tête du pays, mais aussi de détruire pour longtemps la confiance envers les institutions. Notamment chez les républicains.

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