Les lobbies seraient-ils trop forts ? Le président américain devrait renoncer à son projet d'interdiction de commercialisation de produits de vapotage aromatisés.

Les cigarettes électroniques seraient plus politisées qu’on ne le pense. Donald Trump, qui voulait, il y a quelques semaines, sévir au sujet de ces appareils et les produits liés, aurait finalement changé d’avis. Il ne souhaiterait finalement plus que les goûts aromatisés soient interdits. Selon le New York Times, il aurait craint de perdre trop de votes à cause de cette décision.

Donald Trump avait annoncé en septembre que les recharges aux goûts alléchants et sucrés des cigarettes électroniques seraient désormais interdites à la vente. Il justifiait ceci par le fait que ces arômes séduisaient les adolescents et donnaient au produit un air inoffensif. Or pour le moment, les risques sur la santé liés aux cigarettes électroniques sont encore méconnus à cause du manque d’études sur le long terme sur le sujet.

Un test de JUUL // Source : YouTube/Planetesfactory

Une étude réalisée par l’agence gouvernementale américaine en charge de la santé a récemment mis en évidence un millier de cas de maladies des poumons. Elles pourraient être liées à une ou plusieurs molécules contenues dans les recharges. Si on ignore encore lesquelles, il est toutefois probable qu’il s’agisse de produits contrefaits à base de THC. «  Nous ne pouvons pas laisser nos enfants en subir les conséquences », avait alors assuré le président des États-Unis, mélangeant ainsi plusieurs cas différents.

La force des lobbies ?

Ces précautions de santé publique semblent toutefois avoir perdu de l’importance pour Donald Trump, alors que se rapprochent les prochaines élections présidentielles. Le futur candidat aurait discuté lors d’un voyage en avion le 4 novembre avec ses conseillers politiques et des lobbyistes, rapportent le New York Times et le Washington Post. Ces derniers l’auraient convaincu de revoir sa copie. Il pourrait perdre des votes s’il persistait dans cette voie, ont alerté les lobbyistes.

Donald Trump aurait dit vouloir toujours étudier le sujet, mais il aurait affirmé qu’il mettait en pause ses mesures de répression contre les cigarettes électroniques. Le bannissement des produits aromatisés — excepté ceux au menthol — ne serait plus d’actualité non plus, ont fait savoir ses conseillers. Une conférence de presse avec le secrétaire d’État à la santé, qui devait se dérouler le lendemain du vol à ce sujet, a aussi été repoussée.

Le New York Times mentionne un sondage, effectué par un membre de l’équipe de campagne de Donald Trump, pour le compte de la Vapor Technology Association. D’après ce sondage, qui a circulé entre les mains de conseillers du président, le bannissement des cigarettes électroniques aux goûts sucrés ferait perdre des voix au candidat. Le sondage aurait été, entre autres, transmis à son manager de campagne.

Pour Donald Trump, le risque est aussi de perdre des soutiens financiers. Des entreprises de vente de cigarette électronique comme JUUL ont des liens avec les géants du tabac. Plus d’une dizaine d’États américains ont annoncé le bannissement des produits aromatisés cigarettes électroniques (…) ces dernières semaines, comme celui de Washington, l’Oregon, New York, le Michigan ou l’Utah. San Francisco, est allée plus loin en devenant la première ville à interdire complètement toutes les cigarettes électroniques.

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