Facebook a publié son rapport bi-annuel sur la transparence. La plateforme y indique combien de fois le gouvernement lui a demandé l'accès à des données personnelles d'utilisateurs.

Comme tous les 6 mois, Facebook a publié ce mercredi 13 novembre un rapport sur la transparence. Le réseau social y explique combien de contenus il a supprimé, pour quels motifs, et à combien de requêtes des gouvernements il a accédé.

Le gouvernement français a demandé 5 782 fois à Facebook d’accéder aux données personnelles d’utilisateurs, entre janvier et juin 2019.

Le nombre de demandes est à peu près équivalent à celui du semestre précédent (5 711). Entre janvier et juin 2018, il était de 5 100 environ, contre 4 200 entre juillet et décembre 2017. En 2013, qui sont les données disponibles les plus anciennes, on ne comptait que 1 500 requêtes en 6 mois. Elles sont en hausse constante depuis la mise en place de ce programme de « transparence » de Facebook.

Lorsque l’on regarde les motifs des demandes, entre janvier et juin 2019, on constate que 5,5 % d’entre elles étaient liées à des mesures d’urgence, et 94,5 % à des enquêtes.

Les motifs de demande. // Source : Facebook

Les requêtes urgentes peuvent correspondre à un risque imminent et la nécessité de protéger des personnes. Par exemple, pour trouver l’identité d’une personne qui menace de se suicider, ou d’une autre qui indique qu’elle souhaite tuer quelqu’un. «  En cas d’urgence, les forces de l’ordre peuvent soumettre des demandes sans avoir à passer par une procédure législative. Nous pouvons volontairement leur donner des informations lorsque nous avons des raisons de croire qu’il y a un risque imminent de blessure physique ou décès », décrit Facebook.

Le second cas renvoie à des enquêtes au long cours. La police peut avoir besoin de données de comptes Facebook pour avancer dans des enquêtes sur la pédocriminalité, des trafics, ou pour surveiller des individus jugés dangereux.

128 000 demandes au niveau mondial

Le fait qu’il y ait de plus en plus de demandes de la part du gouvernement n’équivaut donc pas nécessairement à une menace accrue pour la vie privée. C’est aussi peut-être le signe que les forces de l’ordre s’intéressent et comprennent mieux les réseaux sociaux, ou qu’ils les utilisent davantage pour résoudre des enquêtes. Ceci est utile : ces derniers mois, plusieurs auteurs d’attentats ont d’abord publié des messages de revendications sur des plateformes en ligne. Certains y ont même diffusé leur assaut en direct, notamment sur Facebook.

En moyenne, Facebook aurait accédé à 70 % des demandes du gouvernement français.

Au niveau mondial, la plateforme dit avoir reçu 128 000 requêtes gouvernementales durant le 1er semestre de 2019. Elle y a répondu favorablement dans 73 % des cas. Le Brésil, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont soumis à peu près autant de demandes que la France. L’Inde en a soumis 21 000, mais le record reste détenu par les États-Unis, avec 47 000 demandes. À l’inverse, beaucoup de pays n’auraient rien exigé de Facebook.

Dans son rapport, la plateforme annonce d’autres chiffres. Elle dit avoir supprimé 5,4 milliards de faux comptes, contre seulement 2,1 milliards à la même période en 2018.

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