Le vidéaste indépendant le plus suivi au monde, PewDiePie, a visiblement disparu du Web en Chine. Il avait publié quelques jours plus tôt une vidéo dans laquelle il jugeait des mèmes sur le gouvernement local.

Non, ce n’est pas une blague ; PewDiePie semble bien avoir été banni du Web chinois à cause de Winnie l’ourson. Il l’explique dans une vidéo publiée sur sa chaîne ce samedi 19 octobre.

PewDiePie, de son vrai nom Felix Kjellberg, est le vidéaste indépendant le plus suivi au monde. Il a récemment atteint les 100 millions d’abonnés sur YouTube — et en compte désormais 101 millions. Au départ spécialisé dans les jeux vidéo, il s’est diversifié en réalisant notamment des vidéos sur l’actualité.

Pourquoi Winnie l’ourson pose-t-il problème ?

Mi-octobre, il a mis en ligne une vidéo dans laquelle il commente les mèmes liés aux manifestations de Hong Kong. Ces manifestations ont lieu depuis plusieurs mois maintenant. Elles visent à lutter contre les ingérences croissantes du gouvernement chinois dans le territoire semi-indépendant, situé au sud de la Chine.

Plusieurs mèmes analysés par PewDiePie mettent en scène Winnie l’ourson. Le personnage Disney a été transformé en caricature du dirigeant chinois, Xi Jinping. Cela remonterait à 2013 selon le Guardian. À l’époque, une photo de Barack Obama et Xi Jinping avait été détournée, avec une scène du dessin animé, dans laquelle on voyait Winnie et son comparse Tigrou.

Après la publication de sa vidéo, des fans de PewDiePie ont remarqué que son nom avait subitement été banni du Web en Chine.

« J’ai été banni de Chine, c’est vrai, raconte le créateur. Désormais, si vous cherchez un contenu YouTube ou [autre] avec mon nom, il n’y a plus rien ». Captures d’écran à l’appui, il montre que son nom semble avoir été effacé du Web local.

La censure du Web chinois

Il faut savoir qu’en Chine, plusieurs sites ou réseaux sociaux sont indisponibles. C’est le cas de YouTube, a confirmé un porte-parole à Numerama : pour accéder à la plateforme, il faut avoir un VPN. Par ailleurs, YouTube dit «  ne pas avoir pour habitude de céder à la pression des gouvernements » et rappelle que de nombreuses vidéos sur les protestations de Hong Kong sont accessibles sur son site.

Le youtubeur PewDiePie. // Source : Capture d’écran YouTube / PewDiePie

Lorsque PewDiePie fait allusion à ses vidéos YouTube, il sous-entend donc probablement qu’il s’agit de vidéos republiées ou commentées sur des sites accessibles en Chine.

« Je suis désolé si vous êtes en Chine et que vous regardez mes vidéos, ça craint. Mais c’est drôle, je savais que ça allait arriver », s’excuse Felix Kjellberg. S’il s’y attendait, c’est parce que d’autres personnalités ont été bannies du Web chinois avant lui. Le vidéaste fait allusion à Zedd, un producteur de musique et DJ allemand, dont le nom a été effacé, car il avait aimé un tweet célébrant l’anniversaire de South Park. La série se montre régulièrement très critique envers le gouvernement chinois.

De manière générale, le gouvernement chinois est connu pour sa censure du Web. Des dissidents ou personnes qui critiquent le pouvoir sont régulièrement réduites au silence, poussant les citoyens à se doter de VPN pour avoir accès aux informations qu’ils souhaitent.

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Les manifestations de Hong Kong créent un climat particulièrement délicat pour le gouvernement chinois, qui multiplie les censures en réaction. Ces derniers jours, Apple a par exemple cédé aux pressions du pouvoir et supprimé une application qui servait à repérer la police lors d’une manifestation. La firme assure qu’elle avait été utilisée pour commettre des délits et que c’est pour cette raison qu’elle l’a bannie. Une controverse a également éclaté lorsque Blizzard a décidé de sanctionner et disqualifier un joueur pro hongkongais de Heartstone, qui critiquait le pouvoir chinois.

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