Deux femmes s'occuperont des dossiers relatifs au numérique. La Danoise Margrethe Vestager, sous l'angle de la concurrence, et la Française Sylvie Goulard, pour le marché intérieur.

C’est le 1er novembre que la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, prendra officiellement ses fonctions. L’Allemande deviendra alors la première femme à présider l’institution, en succédant au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Et le lundi 10 septembre, l’intéressée a dévoilé l’équipe de commissaires qui l’accompagnera au cours des cinq ans de son mandat.

Ursula von der Leyen
Ursula von der Leyen sera la première présidente de la Commission européenne. // Source : OTAN

Pour qui suit l’actualité européenne, il apparaîtra que la nouvelle équipe est composée à la fois de commissaires déjà en poste lors de la précédente présidence, comme la Tchèque Věra Jourová ou la Danoise Margrethe Vestager. De nouvelles têtes sont aussi de la partie, à l’image de la Française Sylvie Goulard. Au total, on compte 13 femmes et 14 hommes et la présidente sera assistée de 5 vice-présidents.

Mais dans le détail, quelques mouvements internes sont à observer dans cette nouvelle Commission européenne, notamment pour ce qui à trait avec le numérique.

Sylvie Goulard récupère le numérique

C’est le principal enseignement de cette redistribution des portefeuilles : la Française Sylvie Goulard devient commissaire en charge du marché intérieur. Par conséquent, c’est elle qui va piloter et développer le marché numérique, qui était auparavant sous la direction de la Bulgare Mariya Gabriel. Le numérique était aussi sous la houlette de l’Estonien Andrus Ansip sous la présidence Juncker.

Sylvia Goulard // Source : European Central Bank

Elle aura aussi à gérer les problématiques liées à l’espace, à la politique industrielle et l’industrie de la défense.

Sur le terrain du numérique, Sylvie Goulard prolongera les nombreux chantiers dans lesquels était engagée sa collègue (qui récupère le portefeuille de l’innovation et de la jeunesse), comme l’éthique dans l’intelligence artificielle, l’amélioration de la couverture Wi-Fi dans les territoires ruraux, la mise en place de superordinateurs de classe mondiale ou encore la baisse des frais téléphoniques.

Sylvie Goulard connaît bien le fonctionnement des institutions européennes, grâce à ses sept années passées en tant qu’eurodéputée. Au niveau national, elle devait rejoindre en tant que ministre des Armées le gouvernement d’Édouard Philippe, mais l’affaire des emplois fictifs impliquant des assistants parlementaires du MoDem au Parlement l’a empêchée d’être maintenue dans ces fonctions.

Margrethe Vestager reste à la concurrence

Autre constat dans cette nouvelle distribution : Margrethe Vestager est reconduite pour un nouveau mandat. La Danoise conserve son portefeuille sur la concurrence et, précise Bruxelles, coordonnera l’ensemble du programme de la Commission pour une Europe adaptée à l’ère du numérique. Au passage, l’intéressée prend du galon : elle devient vice-présidente de l’institution.

Margrethe Vestager
Margrethe Vestager. // Source : Radikale Venstre

À cette occasion, Ursula von der Leyen s’est autorisée un commentaire dans lequel on devine les sujets qui occuperont l’intéressée : « Nous devons faire en sorte que notre marché unique soit adapté à l’ère du numérique, nous devons tirer le meilleur parti de l’intelligence artificielle et des mégadonnées, nous devons améliorer la cybersécurité et nous devons lutter âprement pour notre souveraineté technologique. »

Le maintien de Margrethe Vestager à la tête des problématiques de concurrence sera sans doute accueilli sans aucun enthousiasme chez les géants du web, en particulier Google, car elle s’est montrée très en pointe sur la lutte contre les sujets anticoncurrentiels. C’est sous sa supervision que Google s’est pris trois amendes antitrust, en 2017, 2018 et 2019, avec un montant qui a à chaque fois dépassé le milliard d’euros.

C’est également elle qui a évoqué le démantèlement de Google en 2018 si les règles du Vieux Continent continuent d’être foulées au pied par la firme de Cupertino.

Partager sur les réseaux sociaux