Donald Trump a publié sur son compte Twitter des messages dans lesquels il s'en prend au CEO de Google, Sundar Pichai. Ses accusations sont pour le moins bancales.

C’est une petite déclaration de guerre qu’a publié Donald Trump sur son compte Twitter ce mardi 6 août. Habitué aux dérapages, il s’en est pris cette fois à Sundar Pichai, le CEO de Google. Il l’accuse d’être hypocrite en disant qu’il le soutient en privé. Selon lui, Google aurait tout fait pour avantager sa concurrente lors des élections présidentielles de 2016.

« Sundar Pichai de Google était dans le bureau ovale à dire à quel point il m’aimait bien et que le gouvernement faisait un bon travail », commence innocemment le président des États-Unis. Il énumère ensuite une série d’actions que Google aurait fait et qui rendraient les déclarations du CEO hypocrites.

Dans sa série de tweets, il fait référence à plusieurs événements. Le premier est l’aide de Google à la Chine, d’un point de vue militaire. Donald Trump avait déjà promis d’enquêter sur le sujet en juillet 2019. Il n’existe à ce jour pas de preuves sur une possible aide militaire de Google à la Chine. L’entreprise a nié les faits, rappelant qu’elle coopérait en revanche avec le gouvernement américain à qui elle fournit des services de cybersécurité et des outils destinés au recrutement et à la santé. Cette déclaration faisait suite à une insinuation du milliardaire Peter Thiel, qui n’a jamais caché son soutien à l’actuel président et représente un courant de pensée libertaire qui souhaite le chaos politique. Ce qui expliquerait sa volonté de mettre le feu aux poudres.

Des témoignages bancals

Le deuxième fait sur lequel s’appuie Donald Trump est l’aide qu’aurait apporté Google à son adversaire aux présidentielles de 2016, Hillary Clinton. Il se base pour l’affirmer sur les propos de plusieurs personnes : Kevin Cernekee, un ingénieur de Google, le présentateur Lou Dobbs et l’auteur Peter Schweizer.

Les tweets publiés par Donald Trump // Source : Capture d’écran Twitter

Kevin Cernekee est un ancien ingénieur de chez Google. Le Wall Street Journal a fait son portrait début août. Il se décrit comme un Républicain qui soutient Donald Trump. Il a été renvoyé de son entreprise à cause de son comportement problématique selon Google. Le géant affirme qu’il aurait reçu plusieurs avertissements de la part des ressources humaines au sujet de sa conduite irrespectueuse. Depuis, il multiplie les interviews pour expliquer que les conservateurs ne sont pas bien tolérés chez Google, qui compte une majorité de démocrates. Le Daily Caller, Gizmodo et d’autres ont révélé ses liens avec des mouvements de nationalistes blancs, qu’il invitait à soutenir au sein de Google.

Dans une interview donnée dans l’émission de Lou Dobbs — un présentateur épinglé plusieurs fois pour avoir diffusé des idées complotistes — début août, Kevin Cernekee a expliqué que Google faisait tout pour «  s’assurer que Trump ne gagnerait pas en 2020. » Aucune preuve n’a pour le moment été donnée à ce sujet.

Peter Schweizer est quant à lui un auteur… et chroniqueur chez Breitbart News, un site ultraconservateur réputé pour ses fausses informations, notamment au sujet d’Hillary Clinton. Il a écrit un livre à charge contre l’ex-candidate.

« Tout ceci est très illégal »

« Tout ceci est très illégal. Nous surveillons Google de très près ! » écrit Donald Trump malgré la fragilité évidente des « preuves » qu’il avance. Son directeur de campagne numérique tenait d’ailleurs des propos plutôt opposés après la campagne. Il avait raconté à plusieurs médias s’être servi de Facebook et Google pour arracher la victoire.

Le candidat n’en est pas à son premier dérapage sur Twitter. Pour lui, c’est même devenu presque une habitude. Il s’en est récemment pris au CEO de Twitter qu’il accuse de le censurer. Le réseau social se refuse pourtant à prendre des actions contre Donald Trump car il estime que ses tweets sont d’intérêt public.

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