Emmanuel Macron a répondu aux questions de jeunes sur YouTube. Il s'est notamment exprimé sur l'article 13 et la question des droits d'auteur.

Vendredi 24 mai, Emmanuel Macron a participé à un débat loin des plateaux télévisés. C’est sur la chaîne YouTube d’Hugo Travers, HugoDécrypte, qu’il a répondu à des questions en direct, durant près d’une heure. Il a notamment évoqué la question de la protection des droits d’auteur sur Internet, et le controversé article 13 de la directive européenne sur les droits d’auteur.

L’article 13 continue d’inquiéter

Hugo Travers est un vidéaste spécialisé dans les sujets d’actualité, notamment politiques. Il avait déjà co-organisé il y a quelques mois un débat sur la plateforme de streaming Twitch, durant lequel plusieurs ministres répondaient aux questions des jeunes citoyens. Ce vendredi, c’est Emmanuel Macron qu’il a reçu sur sa chaîne YouTube. L’interview qu’il promettait « sans filtre » est disponible en replay dans son intégralité :

Après avoir encouragé les jeunes à aller voter aux Européennes et avoir parlé du climat — des manifestations contre le changement climatique avaient eu lieu quelques heures plus tôt –, il a répondu à la question d’un internaute sur l’article 13.

L’article 13 est un article controversé qui fait partie de la directive européenne sur les droits d’auteurs. Celle-ci a été définitivement adoptée, mais elle doit encore être appliquée dans les pays membres de l’Union.

L’article vise à mieux protéger les auteurs sur Internet en leur garantissant une meilleure protection et une plus juste rémunération sur leurs œuvres. Il fait polémique car les outils nécessaires à son application, notamment le filtrage des contenus avant leur publication, pourraient avoir de nombreux effets négatifs, comme on vous l’expliquait dans un article dédié.

Un internaute s’est donc inquiété de ces effets sur la publication de vidéos sur YouTube (à regarder ici à partir de 15 minutes). Emmanuel Macron a répondu en disant qu’il n’y aurait pas de « blocage » des contenus publiés en ligne mais seulement une « forme de filtrage ». Il n’a pas précisé quelle forme il prendrait ni à quel point il pourrait être restrictif.

Un filtrage, mais pas de blocage

Il s’est réjouit des personnes qui diffusent des vidéos « depuis leur chambre  » — qui sont également des auteurs au regard de la loi — puis les a opposé aux auteurs, notamment les journalistes qui « créent quelque chose qui a de la valeur », pour justifier de la nécessité de la directive européenne. « Si je peux prendre ce qu’ils écrivent et le diffuser en direct sans rien payer, l’auteur ne pourra plus vivre, et donc il n’y aura plus de journaux pour envoyer un journaliste sur le théâtre d’opérations », a-t-il dit.

Lors du débat au Parlement sur l’article 13. // Source : Capture d’écran Numerama

Selon lui, Internet est peu à peu en train de devenir «  une formidable librairie, mais où personne n’achète de livre  ». Si l’on ne durcit pas ses règles, « on va tuer les auteurs », assure le chef de l’État.

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