Aux États-Unis, une Cour de justice a estimé qu'un policier avait bien pu confondre un smartphone avec une galette de pommes de terre. Oui, oui.

Vous avez déjà mangé votre smartphone en pensant qu’il s’agissait d’un rösti, ces délicieuses galettes de pommes de terre hachées ? Non ? La justice américaine estime pourtant que l’on peut confondre les deux. Cette décision saugrenue a été rendue fin avril dans l’État du Connecticut, rapporte le Washington Post.

Une amende de 300 dollars et un an de procédures

Pour comprendre comment une Cour en est arrivée à statuer sur une telle question, il faut remonter à 2018. Début avril, Jason Stiber, un homme de 45 ans, est soumis à un contrôle routier. Un policier de la ville de Westport explique qu’il l’a vu en train d’utiliser son téléphone au volant et lui donne une amende de 300 dollars (270 euros environ). L’accusé nie, un premiers procès a lieu, durant lequel il est reconnu coupable. Tenace, Jason Stiber décide de contester cette décision. Il explique qu’il ne tenait pas en main un smartphone, mais un rösti, acheté chez McDonald’s.

Un rösti // Source : Wikipedia

Un juge du Connecticut a tranché sur la question. Pour lui, le policier a bien pu confondre les deux objets. S’il s’est autant acharné, c’est qu’il craignait que l’infraction reste à tout jamais sur son casier judiciaire. Il a aussi expliqué au Washington Post que son assurance voiture augmenterait ses tarifs si elle l’apprenait.

Le policier a indiqué devant la Cour qu’il avait « clairement  » vu le conducteur tenir à la main un smartphone noir, dont il voyait l’écran allumé. Il a ajouté que les lèvres de Jason Stiber bougeaient, comme si il parlait au téléphone.

L’erreur est humaine, selon le juge

L’avocat du conducteur a répondu à ceci en expliquant que sa bouche bougeait parce que qu’il mâchait une galette de pommes de terre, achetée plus tôt dans un fast-food. Cela peut sembler étrange, mais la thèse a été corroborée par l’historique des appels passés depuis son téléphone : aucune conversation n’a été enregistrée au moment où il était supposer parler. Par ailleurs, le conducteur avait un dispositif Bluetooth (interdit en France) qui lui permet normalement de téléphoner tout en ayant les deux mains sur le volant.

La fatigue du policier a également été utilisée en argument : Jason Stiber a montré que l’agent était en service depuis pas moins de 15 heures d’affilée lorsqu’il l’a arrêté.

Le juge a finalement conclu qu’il manquait de preuves pour affirmer que le conducteur était bien au téléphone. Il s’est appuyé sur un autre jugement de 2016 dans lequel un homme avait également été jugé non coupable. Ce dernier était aussi accusé d’avoir téléphoné au volant et cela prouverait, selon le juge, que «  les agents de police sont humains et font des erreurs. »

L’avocat de Jason Stiber a indiqué que son client était «  plutôt ravi  » de la décision de justice. Il a ajouté en plaisantant : « C’était l’affaire du siècle. » Son client lui, a précisé qu’il ne mangeait plus autant de röstis chez McDonald’s depuis que l’affaire avait commencé…

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