Jack Dorsey, le CEO de Twitter, a passé dix jours en vacances à Myanmar. Il a partagé son joli séjour sur les réseaux sociaux... oubliant que le pouvoir militaire local est accusé de génocide.

Jack Dorsey, le CEO de Twitter, est ravi de ses dernières vacances, et il ne s’est pas privé de le dire sur son réseau social… même si le séjour en question avait lieu à Myanmar. Dans ce pays, les militaires sont accusés de génocide.

Une retraite spirituelle de 10 jours

Dans un thread posté le dimanche 9 décembre, Jack Dorsey explique avoir passé 10 jours en retraite de méditation pour son dernier anniversaire. Il a choisi de l’effectuer à Pyin Oo Lwin, à Myanmar (ex-Birmanie).

Il raconte que cette pratique l’aide à « tout comprendre », à « hacker la couche la plus enfouie de son esprit et la reprogrammer » et à oublier la douleur que son corps peut lui faire ressentir. Il détaille ensuite en une dizaine de tweets son séjour : sa méditation, mais aussi sa chambre « basique », où il ne faisait rien : là-bas, dit-il, ni technologies (il avait tout de même une Apple Watch pour mesurer son rythme cardiaque, mais en mode avion), ni musiques, ni lecture, pas même de contact visuel avec une autre personne.

Le logo de Twitter // Source : Numerama

Comme l’ont remarqué des internautes, cette retraite semble avoir fait oublier à Jack Dorsey la réalité de la vie locale. « Myanmar est un très beau pays. Les gens sont plein de joie, et la nourriture est fabuleuse (…) Si vous voulez voyager un peu, allez à Myanmar », écrit-il.

« Ah oui, Myanmar, l’État qui a mené un génocide contre les musulmans Rohingya, l’a passé sous silence, et a emprisonné deux journalistes qui ont révélé ceci au monde entier. Vraiment un bon spot de vacances », ironise un internaute en réponse à cette recommandation.

Les Rohingyas, une minorité persécutée

À Myanmar, le pouvoir militaire s’en prend en effet à des centaines de milliers de musulmans. Il est accusé de crimes contre l’humanité et de génocide contre cette communauté, qui auraient débuté fin 2016. 700 000 Rohingyas ont été poussés à fuir le pays, selon l’Organisation des Nations Unies (ONU). Certains, parmi eux, ont témoigné de faits similaires : une violence extrême, des tueries et des viols de masse.

Le réseau social Facebook avait été pointé du doigt par l’ONU, pour avoir laissé faire et en un sens alimenté la crise. L’Organisation avait trouvé lors d’une enquête indépendante que des militaires de Myanmar avaient coordonné le génocide depuis la plateforme.

Andrew Stoehlein, responsable des médias en Europe pour l’ONG Human Rights Watch, a regretté sur Twitter : «  je ne suis pas un expert en méditation, mais est-ce que c’est censé vous rendre tellement égocentrique que vous en oubliez de mentionner que vous vous trouvez dans un pays où les militaires commettent des tueries et viols de masse et forcent des centaines de milliers de personnes à fuir ? ».

Partager sur les réseaux sociaux