Depuis quelques heures, tout le monde panique sur les réseaux sociaux. Des rumeurs sur des « purges » organisées le 31 octobre circulent. Au départ, ce n'est pourtant qu'une blague.

Mise à jour du 30/10/2018 : Selon France Info, l’adolescent en question, âgé de 19 ans, a été placé en garde à vue dans le département de l’Isère. Une plainte a été déposée contre un autre individu par le directeur départemental de la sécurité publique de l’Essonne pour «  provocation à la violence ». Ce dernier avait publié un message appelant à «  des violences à caractère urbain contre les policiers (…) à Corbeil-Essonnes. »

Voici l’article original publié le 29 :

Depuis plusieurs heures, c’est la panique en région parisienne. Le soir du 31 octobre, pour Halloween, des « purges » auront lieu dans plusieurs villes. Durant ces purges qui ne sont pas sans rappeler une série de films américains à succès, les habitants auront le droit de frapper, tuer, ou violer des personnes. Les forces de l’ordre seront des cibles privilégiées. Problème : tout ceci n’est qu’une vaste blague d’ado qui a mal tourné.

Le ministre de l’Intérieur alerté par un syndicat de police

Les messages appelant à la purge ont principalement circulé sur Snapchat, avant d’être republiés et partagés sur Twitter et Facebook. Ils mentionnent des purges dans plusieurs villes de banlieue parisienne comme Corbeil-Essonnes, mais des snaps mentionnent également des villes situées en Seine-Saint-Denis, des arrondissements de Paris, ou même, bien plus loin, Montpellier, Grenoble et même Genève, en Suisse.

Tous les textes sont présentés de la même manière : un fond noir, une écriture blanche, et une liste de règles. Parmi ces dernières, on trouve (sic) : « habillez vous en noir avec masque si possible », « toute les armes sont autorisées », «  brulé tous se que vous voyez », ou encore « les forces de l’ordre devront être attaqué au mortier, feux d’artifice, pétards, pierres ».

Tout le monde semble avoir pris très au sérieux cette histoire, à commencer par la police, qui a publié des messages d’alerte sur les réseaux sociaux. Selon l’Express, un syndicat de police aurait contacté le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, et le secrétaire d’État Laurent Nunez, en vue de déposer une plainte. Le préfet de police de Paris aurait également été alerté.

Sur Twitter, des politiciens ont relayé l’information, suivis d’internautes anonymes qui s’appuient pour beaucoup sur les (nombreuses) reprises médiatiques de l’affaire, qui expliquent que tout ceci serait lié à une obscure histoire de clips musicaux dont les tournages auraient été interdits, écrivait dimanche 28 octobre Le Parisien.

« NE SORTEZ PAS PRESERVEZ VOS ENFANTS »

La peur semble clairement avoir gagné tout Internet. Certains n’hésitent pas à écrire en lettres capitales « NE SORTEZ PAS PRÉSERVEZ VOS ENFANTS », d’autres s’inquiètent et disent qu’ils resteront chez eux le 31 octobre.

Si les messages ont clairement de quoi effrayer, tout ceci n’est pourtant, au départ qu’une vaste blague d’ados – ce n’est d’ailleurs pas pour rien que certains snaps mentionnent que seules les personnes nées après 1995 peuvent participer aux purges.

Numerama a retrouvé la piste de celui qui semble être son créateur. Un certain Aissa, tout juste sorti du lycée. Ce week-end, il a posté ce message sur Snapchat. Et puis, tout s’est emballé.

Le Snap qui serait à l’origine de toute la rumeur. // Source : Capture d’écran Snapchat / Numerama

Au début, il rigolait de la situation, republiant une à une les photos envoyées par des anonymes sur Snapchat. On y voit des personnes avec des fusils d’assaut – sans que l’on puisse déterminer si les clichés ou les armes sont vrais ou non –, des utilisateurs plaisantant avec un couteau dans leur cuisine disant qu’ils se préparent, tandis que d’autres lui transmettent des images où l’on voit un café crème entouré de couteaux, sur une terrasse de café.

Capture d’écran Snapchat / Numerama

« C’était une grosse blague »

Aissa a vite été dépassé par les événements. Il a commencé à avoir peur, son sourire a disparu de ses stories, et il s’est mis à diffuser des messages d’alerte.

Appelant les utilisateurs de Snapchat à partager sa vidéo, qu’il a également mise sur son compte Twitter, il explique : « les gens l’ont pris trop au sérieux, c’est remonté jusqu’aux keufs [la police, ndlr], y a même des chaînes télé qui m’ont contacté, des journaux. Si j’ai un message à faire passer là c’est que c’était une grosse blague (…) ça sert à rien de vous affronter de monter des équipes (…) ne faites absolument rien. C’est de la merde. » « C’est pas ça être un bonhomme  », dira-t-il dans une autre story.

Il nous explique par message écrit, captures de ses snaps à l’appui, que tout est parti d’une blague lancée dans son école grenobloise pour une soirée étudiante d’Halloween.

À noter que blague ou non, les menaces contre les forces de l’ordre ou l’appel au viol sont bien punies par la loi. Aissa lui, n’en faisait aucune dans sa publication d’origine. Il assure n’en n’avoir pas fait ensuite, ce que des captures écrans semblent infirmer. Il craint d’avoir des ennuis avec la justice, et poste des sondages sur son compte Snapchat demandant s’il finira ou non en prison.

Cette histoire rappelle en tout cas que les messages viraux de ce type sont toujours à prendre avec des pincettes, tout comme ceux qui concernent des challenges. Les légendes urbaines comme le Blue Whale Challenge et le Momo Challenge ne deviennent un événement que parce qu’ils sont massivement relayés.

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