La Commission européenne n'est pas satisfaite de la situation actuelle concernant le chargeur universel pour smartphone. Une action plus résolue de sa part est à attendre.

Puisque les fabricants de smartphones semblent traîner des pieds pour adopter le chargeur universel, la Commission européenne pourrait reprendre en main le dossier dans un avenir proche. Voilà l’avertissement on ne peut plus clair qu’a fait passer début août Margrethe Vestager, la commissaire en charge de la concurrence, lassée de voir que les choses n’avancent pas.

« Compte tenu des progrès insatisfaisants de cette approche volontaire, la Commission lancera prochainement une étude d’impact pour évaluer les coûts et les avantages de différentes autres options », a déclaré Margrethe Vestager, citée par Reuters. L’approche volontaire qui est évoquée par la commissaire renvoie en fait aux négociations avec les constructeurs, débutées en 2009.

Discussions débutées en 2009

À l’époque, un protocole d’accord a été signé avec plusieurs industriels (dont Apple, LG, Nokia, Motorola, Nokia et Sony Ericsson) pour concevoir un chargeur standardisé qui sera compatible avec les futurs smartphones. Conclue sous l’égide de Bruxelles, l’entente prévoyait de fournir les premiers équipements en 2011, avec comme base une connectique micro-USB.

Après l’expiration du mémorandum d’entente en 2012, certaines entreprises ont par la suite signé des lettres d’intention en 2013 et 2014 pour poursuivre dans cette direction.

Quant à Bruxelles, la pression politique s’est maintenue. En effet, si le connecteur micro-USB a su s’imposer chez la majorité des industriels, tous les obstacles n’ont pas été franchis : Apple préfère vendre un adaptateur micro-USB pour l’iPhone et garder le connecteur Lightning. Ainsi en septembre 2013, une résolution a été votée par la commission du marché intérieur.

micro-usb
Un connecteur micro-USB. // Source : Brad Wilmot

Réduire le volume de déchets

En décembre de la même année, le Parlement européen et le Conseil européen s’étaient entendus sur « un chargeur commun ». Puis en mars 2014, une directive a été adoptée, précisant que les équipements radioélectriques autorisés dans le marché commun doivent être compatibles « avec des chargeurs universels ». Il était alors question d’une mise au point et d’une disponibilité d’ici 2017.

Ce statu quo pourrait donc conduire la Commission européenne à prendre la main. Des études d’impact sur les différentes options qui s’offrent à elle lui permettront par ailleurs de déterminer la meilleure marche à suivre. Toutefois, la simple évocation d’une possible intervention du législateur sur le marché des terminaux pourrait convaincre les fabricants à presser le pas.

Rappelons qu’au départ, le but du chargeur universel est d’étendre l’utilisabilité de chacun de ces équipements (un chargeur peut servir pour plusieurs appareils), de faciliter la vie des utilisateurs (afin qu’ils ne croulent plus sous les câbles et les chargeurs incompatibles) mais aussi de réduire le volume des déchets (en permettant de rendre optionnel le câble avec l’achat d’un nouveau terminal, par exemple).

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