L'entreprise Devumi est visée par la justice new-yorkaise pour usurpation d'identité et tromperie. Cette société aurait créé 200 millions de faux comptes sur les réseaux sociaux, dont certains inspirés de véritables personnes, ensuite revendus.

Sur son site, l’entreprise Devumi annonce ses prestations : si vous recouriez à ses services, vous devriez « gagner rapidement des abonnés, des spectateurs, des mentions j’aime et bien plus ». Or, si l’on en croit les informations du New York Times, la stratégie de Devumi consiste en fait à fournir à ses clients de faux abonnés pour asseoir leur présence sur les réseaux sociaux.

Les révélations du média viennent de conduire Eric Schneiderman, le procureur général de New York, à annoncer l’ouverture d’une enquête sur Devumi. « L’usurpation d’identité et la tromperie sont illégales au regard de la loi new-yorkaise. Nous ouvrons une enquête sur Devumi et ses ventes apparentes de bots utilisant des identités volées », a écrit le juriste dans un tweet publié le 27 janvier 2018.

L’enquête menée par le journal américain indique que Devumi prétend améliorer la présence de ses clients sur divers réseaux sociaux, incluant Twitter, YouTube, Vimeo ou LinkedIn. L’entreprise vendrait de faux abonnés à ses clients, en créant des comptes à partir d’informations de véritables individus (parfois mineurs).

Le site de Devumi.

55 000 comptes usurpateurs

Au total, plus de 200 millions de faux abonnés seraient créés par des entreprises comme Devumi sur Twitter. 55 000 d’entre eux reprennent les noms et les photos de profil de véritables personnes utilisant Twitter — voire d’autres informations personnelles comme leur ville de naissance.

Parmi les clients de Devumi, se trouvent notamment des personnalités politiques, des athlètes et divers influenceurs, qui bénéficient des interactions de ces faux abonnés avec leurs comptes (retweets, mentions j’aime). Le New York Times précise d’ailleurs que la manœuvre est rendue possible par les réseaux sociaux eux-mêmes : en effet, Twitter ne requiert pas de preuve d’identité lors de l’inscription de nouveaux utilisateurs.

Pendant plus d’un an, un faux compte censé représenter le Parti républicain était ainsi parvenu à rester en activité sur le réseau social pendant un an, en pleine campagne présidentielle américaine.

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