Pris de panique par le chantage exercé par une escroc, qui l'avait menacé de diffuser une vidéo très embarrassante s'il ne payait pas 200 euros, un adolescent de 18 ans a mis fin à ses jours à Brest.

Mise à jour – La phase judiciaire est désormais démarrée. Après une enquête préliminaire, qui a conduit à l'inspection du PC de la victime et la mise en contact avec le service juridique de Facebook, le parquet de Brest a ouvert une information judiciaire pour extorsion de fonds.

"Une instruction a été ouverte après clôture de l'enquête préliminaire pour essayer d'identifier les auteurs", a indiqué à l'AFP une source du parquet. "Ça ne va pas être simple", a-t-on cependant ajouté, expliquant que les auteurs se trouveraient "dans des pays africains".

Sujet du 29 octobre – Certains seront sans doute tentés d'instrumentaliser le terrifiant fait divers, pour justifier un contrôle plus étroit d'Internet. Mais c'est malheureusement un fait tragique qu'il est difficile d'éviter autrement que par la prévention. D'où le choix des parents de rendre leur drame public. Le Télégramme de Brest, dont l'article est relayé par 01Net, a rapporté vendredi qu'un jeune Brestois de 18 ans s'est suicidé sous la pression d'un chantage psychologique en apparence bénin, que le jeune homme a trouvé insoutenable.

Après examen par la police des indices laissés sur l'ordinateur portable de la victime, les parents ont découvert ce qu'il s'était passé. L'adolescent se serait d'abord rendu sur Chatroulette, un site qui met en relation deux inconnus au hasard, par webcam interposées. Là, il aurait rencontré une jeune fille qui lui aurait proposé de passer sur Facebook pour réaliser un strip-tease avancé, et l'aurait incité – c'est ce que l'on comprend – à se masturber. En anglais, la maître-chanteuse l'aurait alors menacé de partager la vidéo avec tous ses amis sur Facebook.

"J'ai une vidéo porno de toi. Si tu ne me donnes pas 200€, je vais détruire ta vie", lui aurait dit la jeune fille, sans doute loin d'imaginer que cette phrase allait l'inciter à y mettre fin, presque immédiatement. "Il sera retrouvé par ses proches moins d'une demi-heure plus tard, entre la vie et la mort, dans le jardin familial. Gauthier décédera une semaine plus tard", raconte le Télégramme.

L'adolescent aurait été pris d'un raptus suicidaire, une crise violente impulsive de mélancolie qui peut être provoquée "dans une construction délirante, l'autoaccusation, la honte, la culpabilité et le rejet de soi comme être social". Selon Psychothérapies.org, "le mélancolique ne communique plus avec autrui. Il est enfermé dans un monde de catastrophe. Aucun changement ne peut être envisagé ; la mort est pour lui la seule issue".

Dans un SMS envoyé à ses parents, la victime s'était excusée et dit que "tout est de ma faute" (sic).

Les parents ont porté plainte contre X. L'escroc se serait connectée avec une adresse IP localisée à Abidjan, en Côte-d'Ivoire, ce qui ne devrait pas faciliter l'enquête. 

L'histoire tragique rappelle bien sûr celle d'Amanda Todd, cette jeune Canadienne de 15 ans, qui s'est suicidée après après avoir été harcelée par un inconnu rencontré également par hasard sur Internet, à qui elle avait montré sa poitrine. Se trompant de cible, des Anonymous avaient voulu la venger en se prêtant eux-mêmes à un harcèlement public.

Très critiqué lors de son lancement, Chatroulette avait instauré en 2010 un filtre anti-pénis, pour limiter son utilisation à des fins sexuelles. Par ailleurs, l'association e-Enfance avait obtenu la même année que Chatroulette soit bloqué par les logiciels de contrôle parental.

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