Une enquête conduite par Médiamétrie pour la CNIL montre que les adolescents âgés de 15 à 17 ans sont relativement conscients des questions liées à la vie privée dans l’espace numérique. Si les bonnes pratiques sont loin d’être adoptées par tous les jeunes, ces derniers sont souvent plus attentifs à la protection de leurs données personnelles que leurs aînés.

À l’heure des réseaux sociaux et de la géolocalisation, il est légitime de s’interroger sur les usages de chacun. Les données personnelles étant au cœur de ces nouveaux comportements, il est essentiel d’adopter de bonnes pratiques pour protéger sa vie privée d’une part et gérer son quotidien en ligne d’autre part. C’est pourquoi la CNIL a commandé une enquête afin d’avoir une photographie des habitudes des Français.

Dans son compte-rendu, la Commission nationale de l’informatique et des libertés constate en préambule que les smartphones n’ont jamais été aussi populaires en France. Plus de 17 millions de Français disposent d’un « téléphone intelligent », qui leur permet d’accéder à une pléthore d’applications et de profiter du web n’importe où, grâce à la couverture réseau.

De nombreuses données personnelles enregistrées

Compagnon indispensable de nombreux mobinautes, le smartphone est un espace de stockage très utilisé. Une écrasante majorité des sondés (89 %) stocke des coordonnées de contacts. Rien d’étonnant, puisqu’il s’agit d’un téléphone portable. 86 % des répondants hébergent également des données multimédias (essentiellement photos et vidéos), puisque le téléphone offre des fonctionnalités de ce genre.

Si la présence de fichiers multimédias dans les smartphones n’est pas une surprise, celle des données à caractère secret est plus embêtante. La CNIL remarque ainsi que 40 % des utilisateurs enregistrent des informations concernant des coordonnées bancaires, des codes secrets, des codes d’accès ou même des informations médicales.

Une protection qui laisse à désirer

« De manière générale, les possesseurs de smartphones limitent le stockage de données qu’ils jugent sensibles, telles que coordonnées bancaires, codes, fichiers confidentiels. En revanche, les photos, vidéos ou coordonnées des proches font l’objet de moins de précautions » commente l’autorité administrative indépendante, qui relève un manque criant de protection.

Les utilisateurs reconnaissent ainsi à 65 % que les données qu’ils enregistrent dans leur téléphone ne sont pas bien protégées. Un peu moins d’un tiers (30 %) des sondés a reconnu qu’aucun code de protection n’est présent sur leur mobile. Enfin, 64 % d’entre eux estiment ne jugent pas utile ou pensent qu’il n’est pas possible d’installer un antivirus sur son smartphone, malgré une menace croissante.

L’utilisation des données personnelles inquiète

Si les mobinautes utilisent avec plaisir de nombreuses applications et fonctionnalités, un peu moins de la moitié (49 %) pense que les données du téléphone sont enregistrées ou transmises sans leur accord. Ce nombre passe à 54 % lorsqu’il est question des informations de localisation. Une personne sur deux vérifie toutefois les données auxquelles l’application a accès, au moment de la télécharger.

La défiance à l’égard des sociétés accédant aux données personnelles pour faire fonctionner une application reste donc très importante. Or, 97 % des sondés utilisant des services de géolocalisation « jugent important » de sa voir comment ces données sont ensuite utilisées. Car ces fonctionnalités très pratiques sont amenées à devenir indispensables, pour connaître le trafic routier ou établir un itinéraire.

Les 15 – 17 ans se montrent plus prudents que leurs aînés

Dans son étude, la CNIL note toutefois un point très positif. Les jeunes semblent conscients des enjeux liés à la vie privée dans l’espace numérique et à la protection des données personnelles. L’enquête révèle que 82 % des 15 – 17 ans estiment qu’il est problématique d’enregistrer ses codes secrets sur son téléphone (contre 76 % en moyenne).

Les adolescents sont également plus nombreux (37 %) que leurs aînés (31 %) à verrouiller leur téléphone avec un code d’accès. Rien d’étonnant, puisque le lycée est un endroit où le chapardage de mobile pour est assez fréquent. Enfin, 30 % des jeunes classent leurs amis dans différentes catégories, afin que les informations publiées sur les réseaux sociaux ne soient pas toujours vues par tout le monde.

Les conseils de la CNIL

Suite à cette enquête conduite par Médiamétrie, la CNIL a listé dix conseils à mettre en pratique afin de sécuriser son téléphone portable et ses données personnelles. La commission recommande en particulier de ne pas enregistrer d’informations personnelles et d’utiliser un autre code PIN que celui propossé par défaut. La date de naissance est déconseillée !

Lorsque le téléphone est actif, la CNIL recommande un délai de verrouillage automatique permettant de protéger le mobile au bout d’un certain temps. Si possible, le chiffrement des sauvegardes du portable doit être activé. La CNIL recommande par ailleurs d’installer un antivirus quand c’est possible, de n’utiliser que des sources d’applications connues et de désactiver le GPS et le WiFi quand ils ne sont pas utiles.

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