Deux satellites espions devraient être lancés par les États-Unis cette année. Ces engins seraient capables de capturer les infos d’un autre appareil en orbite.

L’espace est la prochaine zone de tension. La Commission fédérale des communications des États-Unis (FCC) vient de déposer des documents détaillant les plans pour le lancement test de deux satellites « chasseur » du secteur privé, rapporte le média américain Wired le 1er février.

Concrètement, il ne s’agit pas de vaisseaux spatiaux avec des lasers, mais d’appareils capables de suivre un engin étranger en orbite et récupérer des informations sur lui. Les satellites sont fabriqués par la start-up True Anomaly et devraient être envoyés en même temps qu’une fusée SpaceX en octobre, cette année. Les deux modèles « Jackal » – chacal en anglais – ont la capacité de capter des informations lorsqu’ils sont suffisamment proches de leur cible. Ils peuvent glaner des données sur les systèmes de surveillance ou d’armement ennemi ou encore intercepter des communications.

Une esquisse du Jackal sur le site de la société. // Source : True Anomaly
Une esquisse du Jackal sur le site de la société. // Source : True Anomaly

Sur le site True Anomaly, la société affirme que « leur produit opère en toute sécurité à courte distance pour collecter des images multispectrales, des vidéos en mouvement et des données d’observation métriques de tout objet spatial résident sur n’importe quelle orbite ». La start-up a levé 23 millions de dollars en 2022.

Un espace surchargé de satellites

La guerre lancée par la Russie en Europe, les tensions entre la Chine et l’île de Taïwan, poussent l’Occident à investir dans les nouvelles solutions d’armement, y compris dans les technologies spatiales. Dans la nuit du 24 février, lorsque le Kremlin lance une invasion totale de l’Ukraine, des hackers s’attaquent parallèlement à un satellite du groupe Eutelsat, utilisée par l’armée ukrainienne, pour couper les communications. Les engins spatiaux sont privilégiés par les forces armées, le réseau peut être plus faible, mais il comporte moins de risques de coupure.

Les Américains préfèrent prendre les devants en cas de conflit ici, mais aussi contrer un éventuel espionnage chinois. Les États-Unis ont tenté 78 lancements gouvernementaux en 2022, dont 72 avec succès, selon le rapport Jonathan’s Space. La Chine a effectué 64 lancements, et 62 appareils ont été mis en orbite. La Russie est troisième avec 21 satellites envoyés. Si l’on observe le globe dans sa totalité, les États-Unis dominent de loin tout l’espace qui l’entoure : sur les 8000 satellites dans les airs, plus de 3 500 appartiennent à Space X, la société fondée par Elon Musk.

Ce service étant d’abord destiné aux professionnels, il devient une cible parfaite pour l’espionnage industriel. Une fois les premiers Jackal lancés, de véritables poursuites en orbite se dérouleront au-dessus de nos têtes.


Abonnez-vous à Numerama sur Google News pour ne manquer aucune info !