Alors que la propagation du coronavirus (Covid-19) met à mal les systèmes de santé et l'économie, le sous-traitant Foxconn, qui fournit ses prestations de nombreuses entreprises de la tech, essaie de limiter la casse. Délicat dans un pays qui est à la fois l'usine du monde et le plus exposé à la maladie.

Quand la Chine tousse, le monde s’enrhume, dit-on. Aujourd’hui, l’Empire du Milieu est bien souffrant, à cause de l’épidémie du coronavirus (Covid-19), qui a depuis plusieurs semaines très largement atteint les autres pays. Cependant, c’est bien en Chine que la situation est la plus critique, malgré les dispositions énergiques et radicales prises par Pékin — bien que parfois jugées un peu tardives.

La psychose entourant le SARS-CoV-2 et les dégâts que cette affliction a déjà occasionnée dans le pays le plus peuplé de la planète, qui est par ailleurs aussi l’atelier du monde, n’est pas sans conséquence sur le plan économique. De nombreuses usines sont à l’arrêt ou tournent au ralenti et l’horizon de la reprise paraît aujourd’hui incertain.

Mais alors que certaines compagnies implantées en Chine ou fortement liées à l’Empire du Milieu sont contraintes de débrayer et d’envoyer leurs employés en congés, d’autres au contraire semblent chercher à relancer leurs sites de production malgré un contexte très dégradé. C’est ce que rapporte le South China Morning Post, en prenant le cas du géant de la sous-traitance taïwanais Foxconn.

Devanture d’une usine Foxconn. // Source : China Labor Watch

L’entreprise, qui propose ses lignes de production à des entreprises comme Apple, Sony, Nintendo, Microsoft, Intel ou encore Huawei, aurait même proposé de substantielles primes, pouvant représenter plusieurs mois de salaire, au personnel pour qu’il se remette au travail. Foxconn n’a pas confirmé, mais le journal tient l’information de sites locaux qui disent s’appuyer sur des agences locales pour l’emploi.

L’entreprise a néanmoins confié au média «  que les calendriers de production liés au virus auront un impact négatif sur [ses] revenus annuels ». Dans une déclaration, la société, qui a été par le passé critiquée pour ses conditions de travail, dit « accorder une grande priorité au bien-être de tous [ses] employés et [appliquer] toutes les pratiques recommandées en matière de santé et d’hygiène ».

Tensions sur le marché de la tech

La persistance de l’épidémie pourrait avoir des effets de plus en plus sérieux sur le monde de la tech, autrement plus graves que l’annulation d’un salon annuel dédié à la mobilité. Des tensions sur les prix pourraient se manifester, que ce soit sur des composants, des produits finis ou des pièces, comme les écrans LCD. Dans le cas de Foxconn, c’est la production de consoles, de téléviseurs, de PC ou de smartphones qui pourrait en pâtir.

Début février, un rapport indiquait qu’un ralentissement dans le domaine des écrans LCD était à prévoir, dans la mesure où Wuhan, foyer de la contagion, compte pas moins de cinq usines de production : deux détenues par China Star Optoelectronics Technology, deux par Tianma et une par BOE. La production pourrait ainsi chuter de 10 à 20 % au cours du mois de février, selon un cabinet d’analyse cité par PC World.

Si l’épidémie se poursuit partout dans le monde, avec des cas apparaissant chaque jour dans de nouveaux pays, c’est en Chine que la situation est la plus dégradée, avec plusieurs dizaines de milliers de malades et près de trois mille décès — selon les chiffres officiels, qui sont peut-être sous évalués –, malgré les mesures exceptionnelles de confinement et de contrôle de la population décidées pour endiguer la maladie.

Il est estimé que les villes en quarantaine concernent plusieurs dizaines de millions de personnes, dans la province du Hubei (centre du pays), là où se trouve Wuhan, une commune d’environ 11 millions d’âmes, foyer de la contagion. En tout, les dispositions prises par Pékin à la fin janvier toucheraient près de 45 millions d’individus — soit à la louche, les deux tiers de la population française.

Crédit photo de la une : m.p.3.

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