La France n'est, pour l'instant, pas touchée par la décision de Lime de fermer son service dans 12 villes du monde. L'entreprise, comme toutes les autres sur le secteur, a besoin de beaucoup de liquidités pour survivre.

Lime, l’une des plus grosses startups de trottinettes électriques en libre-service, va cesser d’opérer son service dans pas moins de 12 villes dans le monde, a-t-elle annoncé officiellement le 9 janvier 2019. Pour l’instant, seule une ville d’Europe est concernée : Linz, en Autriche. Les autres sont situées aux États-Unis (Atlanta, Phoenix, San Diego, San Antonio) et en Amérique Latine (Bogota, Buenos Aires, Montevideo, Lima, Puerto Vallarta, Rio de Janeiro et Sao Paulo).

Cette décision s’accompagne de l’annonce du renvoi de près de 100 employés, qui représentent 14 % de la masse totale de ses salariés. « Nous avons vraiment confiance qu’en 2020, Lime sera la première entreprise de mobilité du futur à être rentable », a toutefois assuré Joe Kraus, son président, au site Axios.

Des trottinettes Lime dans la rue à Paris // Source : Marie Turcan pour Numerama

Le business des trottinettes partagées demande beaucoup de cash

Ce n’est pourtant pas une mince affaire. Les entreprises qui se sont lancées sur ce créneau ont besoin de beaucoup de liquidités pour nourrir des investissements très élevés dans le matériel : les trottinettes électriques doivent être nombreuses dans les rues des villes pour que le service devienne intéressant et incontournable. Or, le taux de casse est très élevé (on parle parfois de 40 % à 50 % de toute une flotte qui finirait abîmé), et on estime à 28 jours en moyenne l’espérance de vie d’une trottinette partagée outre Atlantique, alors qu’elle aurait besoin de 114 jours pour être rentable.

À ce jour, Lime n’a pas annoncé de nouvelle levée de fonds, alors que son premier concurrent, Bird, a levé 275 millions de dollars (247 millions d’euros) en octobre 2019.

Depuis plus d’un an, les entreprises de trottinettes électriques en libre-service ont été nombreuses à investir les rues des grandes villes du monde, parfois de manière assez erratique, déposant les engins un peu n’importe où. À Paris à l’été dernier, il y avait une douzaine d’opérateurs différents — il n’en reste aujourd’hui que 4 ou 5 à encore fonctionner vraiment. Depuis, les communes ont commencé à réguler leur fonctionnement ; la mairie de Paris, par exemple, a demandé la limitation de la vitesse des engins et interdit le stationnement sur les trottoirs. Les applications comme Bird et Lime indiquent désormais des places de « parking » (parfois, ce sont des places de scooters ou vélo, où les trottinettes sont pour l’instant tolérées) dans leur application.

Partager sur les réseaux sociaux