L'application de réservation de VTC est aujourd'hui devenu Kapten_. Un changement d'identité synonyme de conquête à l'international.

Chauffeur Privé est mort, vive Kapten_ ! L’application de mise en relation entre clients et VTC a annoncé un changement majeur ce mercredi 6 février en changeant complètement son identité. Après l’arrivée du constructeur automobile Daimler au capital de la société française en tant que participant majoritaire, de nouvelles idées ont vu le jour. Yan Hascoët, co-fondateur et PDG de feu Chauffeur Privé, explique : « Les moyens investis par le groupe Daimler nous permettent d’aller plus loin. On a enfin les moyens de nos ambitions grâce à eux ».

Cette ambition, c’est celle de conquérir le marché international.

Les fondateurs de Chauffeur Privé / Kapten_ : Omar Benmoussa, Yan Hascoët et Othmane Bouhlal // Source : Kapten_

Ce développement avait déjà commencé en septembre 2018 avec l’arrivée de l’application à Lisbonne, mais elle devrait prendre une toute nouvelle ampleur au cours de l’année 2019. En plus de l’ouverture de bureaux à Genève lundi prochain, Kapten_ doit débarquer à Londres dans les semaines qui viennent. La stratégie d’expansion est bien plus agressive qu’auparavant puisque la société prévoit d’atteindre une quinzaine de villes dans une dizaine de pays d’ici 2020.

Cette année sera charnière pour Kapten_ et ses dirigeants. Ces derniers espèrent que l’application sera utilisée par 10 millions de clients, soit 5 fois plus qu’aujourd’hui, et 70 000 chauffeurs partenaires (3.5 fois plus qu’en 2018). Mais pour arriver à ce résultat, il ne faut pas seulement avoir un bon investisseur, il faut aussi changer quelques éléments de l’app.

Kapten baisse le prix de sa course minimum

L’une des plus grosses annonces concerne le prix de la course. Kapten_ fait passer le tarif minimum de ses courses à seulement 6 euros, contre 8 euros pour l’ancien Chauffeur Privé. La société s’aligne donc sur le prix de la plupart des apps de transport, notamment Uber, alors qu’il s’agissait là d’un de ses atouts. Selon Othmane Bouhlal, autre co-fondateur de l’entreprise, « le choix de s’aligner sur 6 euros est là pour attirer une nouvelle clientèle ». La directrice marketing Eve Arakelian complète : « Chauffeur Privé avait une image premium dont on a souhaité se débarrasser. »

L’application Katen_ pourra-t-elle faire face au marché international ? // Source : Kapten_

Kapten_ cherche à tout prix à s’étendre et à toucher un public international en devenant « un peu comme les autres », mais ne veut pas risquer que des chauffeurs mécontents les quittent. Othmane Bouhlal promet donc que « la société comblera le déficit des chauffeurs le temps que leur rentabilité soient au même niveau qu’aujourd’hui ». Même si le geste ne concerne que les anciens chauffeurs (les nouveaux ne seront pas « dédommagés »), difficile de penser qu’une telle pratique soit viable si elle dure trop longtemps. L’ambition de Kapten_ est donc de s’imposer sur le marché international et de se rendre visible avant de penser aux bénéfices. Une tactique risquée, mais qui pourrait payer sur le long terme.

Un futur qui interroge

Le long terme (après 2020) ne semble cependant pas être au cœur des réflexions de la firme pour l’instant. Il y a pourtant certaines questions qui se posent à ce niveau. Avec le rachat de Daimler, Kapten_ fait désormais partie de son écosystème My Intelligent Apps, qui réunit les applications de transport détenues par la société allemande et le groupe BMW. Celui-ci contient notamment Mytaxi, CleverTaxi et Beat, mais aucune ne travaille en collaboration avec une autre. « On n’a pas l’ambition de s’intégrer et de fusionner, c’est une concurrence stimulante  » dit Yan Hascoët, avant de conclure : «  Dans cinq ou sept ans, il n’y aura pas quatre applications différentes, mais pour l’instant ce n’est pas à l’ordre du jour ».

Une transformation de ces applications en une seule plateforme n’est donc pas impossible, mais qu’adviendrait-il alors de Kapten_ ? Si cet écosystème est aujourd’hui bénéfique pour la compagnie française, il faudra faire attention à ce que l’ambition ne la pousse pas à se brûler les ailes.

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