Richard Branson renonce à la présidence de Virgin Hyperloop One. Un départ qui se fait dans un contexte particulier, avec un refroidissement des relations entre le milliardaire et l'Arabie saoudite.

La suite de l’histoire de Virgin Hyperloop One s’écrira sans Richard Branson. Le très célèbre milliardaire britannique a en effet annoncé lundi 22 octobre quitter la présidence du groupe, au motif que les fonctions qui y sont attachées nécessitent aujourd’hui un engagement accru de sa part.

Le communiqué indique que l’arrivée de Richard Branson visait à aider l’entreprise à se stabiliser et à croître à l’international — mais aussi à apporter des investissements significatifs, au point que Hyperloop One a été rebaptisé en Virgin Hyperloop One. Son poste sera repris par Patrick McCall, un vétéran de Virgin, qui siège dans divers conseils d’administration des filiales du conglomérat.

Les explications très lisses données par Virgin Hyperloop One tranchent toutefois avec des rapports de la presse, qui indiquent que ce départ n’est pas tout à fait étranger avec la mort du journaliste Jamal Khashoggi, vraisemblablement assassiné par un commando saoudien dans le consulat d’Arabie saoudite, à Istanbul. Le Financial Times a ainsi dépeint un refroidissement  des relations entre le milliardaire et Riyad.

Jamal Khashoggi
Jamal Khashoggi. // Source : POMED

L’affaire Khashoggi en toile de fond

Selon le quotidien économique, l’Arabie saoudite a annulé une étude de faisabilité avec la société Virgin Hyperloop One après des commentaires de Richard Branson sur l’implication, de plus en plus évidente, du royaume dans la mort de Jamal Khashoggi. Sur son blog, l’entrepreneur a annoncé le gel de plusieurs projets avec l’Arabie saoudite, liant cette décision avec cette sordide affaire.

« Ce qui se serait passé en Turquie à la suite de la disparition du journaliste Jamal Khashoggi, si cela était avéré, changerait clairement la capacité de chacun d’entre nous, en Occident, à faire des affaires avec le gouvernement saoudien. Nous avons demandé davantage d’informations aux autorités saoudiennes et de clarifier leur position par rapport à M. Khashoggi », a-t-il écrit.

Ce faisant, l’investissement à hauteur d’un milliard de dollars que le fonds souverain saoudien pourrait placer dans Virgin Galactic, une société dédiée au tourisme spatial, et dans Virgin Orbit, une société de lancement de satellites, devrait vraisemblablement ne pas aboutir, du moins à court et moyen termes. Il a aussi suspendu sa participation à des projets touristiques liés à la mer Rouge, en tant que conseiller.

Une capsule imaginée par Hyperloop One. // Source : Virgin Hyperloop One

Transport ultra rapide

Pour mémoire, l’Hyperloop est un projet consistant à concevoir un réseau de transport à très grande vitesse, en mobilisant des capsules pressurisées qui sont propulsées dans un tube sous vide. Les vitesses atteintes sont très élevées, de l’ordre de 1 200 km/h, grâce à la suppression des frottements engendrés par l’air, qui sinon occasionnerait une certaine résistance sur la paroi du véhicule.

Si Virgin Hyperloop One n’a pas de projet particulier pour l’Arabie saoudite, il a par contre un programme visant les Émirats arabes unis, un pays politiquement proche de Riyad. En 2016,une vidéo de l’initiative a été dévoilée : il était alors question de relier Dubaï et Abu Dhabi en 12 minutes. Un projet qui risque de souffrir des relations dégradées entre le royaume et Richard Branson.

À moins que le départ de ce dernier ne permette de calmer le jeu.

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