Le gouvernement essaie de lutter contre les faux sites administratifs en sensibilisant les internautes aux pratiques malveillantes de certains sites. Des centaines de milliers de Français seraient concernés.

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a publié ce lundi 17 septembre 2018 un rapport faisant état de l’impact des faux sites administratifs que l’on peut aisément trouver au détour d’une simple recherche.

D’après l’administration, ce sont près d’un million de personnes qui auraient été victimes d’arnaques en ligne, pour un montant total de 150 millions d’euros dépensés dans ces arnaques. Afin d’endiguer ce phénomène, le gouvernement lance une campagne d’information visant à sensibiliser les internautes.

Jan Vašek

Une arnaque chiffrée à 150 millions d’euros

Que font ces sites, concrètement ? Ils proposent de vous facturer des services que l’administration française exécute gratuitement. Un extrait de naissance ou de casier judiciaire ? Un changement d’adresse sur la carte crise ? Tout cela est gratuit… lorsqu’on passe par les sites officiels du service public français.

Ces faux sites aux allures administratives vont faire les démarches à votre place et vous faire payer la prestation. La pratique en elle-même n’est pas répréhensible, c’est prendre l’apparence de l’administration qui l’est. Une tromperie très rentable et à laquelle Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’État rattachée au ministère de l’Économie et des Finances, souhaite remédier.

Plusieurs conseils pour ne pas se faire avoir

La DGCCRF émet pour cela une série de recommandations à suivre :

  • La première — qui semble évidente et pourtant pas tant que cela — est de consulter en priorité le site officiel du service public français. Celui-ci vous guide vers d’autres sites officiels en fonction de vos démarches. De manière générale, il faut se fier aux sites dont l’extension se finit par « gouv.fr » car l’on peut avoir la certitude qu’il s’agit d’un site de l’administration français. En revanche, un site dont l’extension est un simple «  .fr » ne garantit en rien sa légitimité et ils sont des centaines dans les résultats. Attention aux pièges comme « gouv.com » ou « gouv.org », ce ne sont pas des sites officiels.
  • La DGCCRF conseille également de consulter les mentions légales du site et ses conditions générales de vente (CGV), non seulement pour savoir où est basé le site mais aussi pour connaître la nature du contrat qui va lier le consommateur au site. « Le recours à la Marianne ou au drapeau tricolore ne garantit pas la fiabilité du site », rappelle la DGCCRF à Franceinfo. Si vous rencontrez des difficultés, vous pouvez prendre contact avec la DGCCRF ou une association de consommateurs.

« On cramait entre 20 000 et 50 000 euros par semaine de pub par site. »

Une question reste : comment est-il possible que ces arnaques fonctionnent aussi bien ? Grâce au référencement. Ces sites apparaissent très souvent en tête des résultats de recherche de moteurs tel que Google. D’après un article du Monde, la société Iron Group serait une des cibles de la DGCCRF, une société londonienne fondée par Julien Foussard en 2014. Un ex-collaborateur de cette entreprise explique au Monde comment ces fameux sites parvenaient à rester en tête d’affiche : « On cramait entre 20 000 et 50 000 euros par semaine de pub par site. » Une demi-douzaine de sociétés fait actuellement l’objet de procès-verbaux pour pratiques commerciales trompeuses, un juge d’instruction est également chargé de l’examen de plusieurs dossiers, d’après Le Parisien.

On peut rencontrer le même problème pour le Système électronique d’autorisation de voyage (ESTA), permettant d’entrer sur le sol américain. Un simple formulaire ne coûtant que 12 euros pourra revenir à 80 euros sur des sites privés trop bien référencés dans les résultats de recherche. Vous pouvez consulter notre enquête plus en détail ici.

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