Le feature phone n'est pas mort et KaiOS l'a bien compris. La startup qui a détrôné Apple en Inde intéresse Google.

Les ventes mondiales sur le secteur de la téléphonie sont aujourd’hui dominées par les smartphones. Autrefois rares et chers, ils sont aujourd’hui des compagnons du quotidien et peuvent s’acheter neufs à partir d’une centaine d’euros. Pour autant, le marché des features phones n’est pas mort. Ceux qu’on présentait comme une révolution par rapport aux téléphones portables dans la mesure où ils embarquaient quelques jeux, applications et capacités multimédia, se vendent encore à quelque 500 millions d’unités par an.

Mais le feature phone moderne n’a pas prétention à reposer sur des services des années 2000. Et cela, KaiOS l’a bien compris : en proposant un système d’exploitation fondé sur les cendres de feu Firefox OS, la startup a conquis un marché délaissé par les grandes marques des nouvelles technologies. Et ce pari a été payant : 40 millions de téléphones embarquant KaiOS ont été vendus à l’heure où ces lignes sont écrites et en Inde, le système d’exploitation mobile a dépassé iOS d’Apple pour lui chiper la deuxième place du classement, derrière Android.

C’est aussi en Inde que KaiOS a fait son plus beau partenariat commercial, en signant avec Reliance Jio, sorte de Free Mobile local qui tente de bousculer le marché en cassant les prix sur la data. 15 millions de téléphones ont été vendus grâce à cette alliance. Dans un pays comme l’Inde où l’accès à l’information et au web passe essentiellement par des téléphones, on comprend le succès d’appareils peu onéreux qui proposent les fonctionnalités de base pour utiliser le web moderne.

Et si KaiOS n’a pas de tribu — la startup a porté Facebook, Twitter, Google Maps, Google Search et même Google Voice Assistant –, elle a tapé dans l’œil du géant de Mountain View. Google vient en effet de financer le développement de KaiOS à hauteur de 22 millions d’euros. Une prise de participation qui assure les arrières de la startup et permet à Google de garder un œil sur une pépite montante des nouvelles technologies qui, petit à petit, pourrait montrer que son OS mobile fonctionne en dehors des pays émergents. C’est elle, par exemple, qu’on retrouve sur le Nokia 8110 présenté au Mobile World Congress de Barcelone et qui a fait bien plus forte impression que le 3310 de l’an passé.

Qui sait, peut-être qu’entre un smartphone entrée de gamme poussif avec un système d’exploitation mal intégré et un feature phone 4G qui permet de faire 90 % des activités numériques grand public, la balance pourrait pencher en faveur du second.

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