Carrefour et Google annoncent un partenariat qui permettra à l'enseigne française de laisser les internautes passer commande via l'assistant domestique de Google.

« Dis Google, achète-moi des pâtes chez Carrefour ». Voilà donc le genre d’instruction qu’il sera possible de donner à Google Home, l’assistant domestique de la firme de Mountain View, à partir de 2019. L’entreprise américaine a signé un partenariat avec Carrefour, que ce dernier qualifie de « stratégique », car il va notamment lui permettre de s’interfacer aux services du géant du net.

Il sera donc possible de faire ses courses, notamment alimentaires, via Google Home, depuis un mobile avec l’assistant Google ou bien sur le web via l’interface de Google Shopping, puis de se faire livrer à domicile ou récupérer les achats en magasin. Selon Le Figaro, il ne sera même pas nécessaire de prononcer le nom de l’enseigne : il suffira de l’inscrire préalablement dans les réglages de Google Assistant.

Il s’agit d’une première mondiale, écrit notre confrère. La France est le premier pays à tester cette approche, appelée Google Shopping Action. S’il était déjà possible, en particulier aux USA, de passer des commandes sur des biens non alimentaires et des denrées non périssables via l’assistant de Google, qui équipe son enceinte connectée, c’est la France qui inaugurera la commande de denrées périssables.

Pour l’Hexagone, l’arrivée de Carrefour dans Google Assistant se fera en deux temps : d’abord l’offre non alimentaire d’ici la fin de l’année puis l’offre alimentaire au cours du premier semestre 2019. C’est l’aboutissement de discussions qui ont débuté entre les deux groupes l’automne dernier, peu après l’arrivée d’Alexandre Bompard à la tête de l’enseigne française.

Carrefour
CC Fruitnet

Partage du ticket

Si plusieurs questions demeurent en suspens, notamment sur une éventuelle — bien que probable — commission que prendrait Google sur chaque achat effectué via son outil ou sur l’ampleur du catalogue Carrefour qui sera pris en charge par Google, le partenariat entre les deux géants soulève d’ores et déjà des interrogations quant aux données qui seront tirées de cette alliance.

Au Monde, la directrice de la transformation numérique de Carrefour a confié que « Google aura accès aux données [du ticket de caisse, ndlr], mais Carrefour en restera propriétaire », puisque l’accord prévoit un partage de cette information. L’enjeu est donc de savoir ce ce que Google pourra bien faire de ses données, Carrefour pouvant déjà suivre les achats de ses clients via les cartes de fidélité.

Google aura accès aux données

On sait que dans le cadre du partenariat entre les deux entreprises, il est prévu l’ouverture d‘un laboratoire d’innovation au cours de l’été. Il est prévu, selon le communiqué, que les équipes de Google Cloud et les ingénieurs de Carrefour « travaillent main dans la main pour développer de nouveaux services à destination des consommateurs », ce qui, dit comme cela, ne peut être que souhaitable.

On peut toutefois supposer que les deux partenaires auront à cœur de voir comment les inciter à acheter davantage, en déduisant certains enseignements de leurs habitudes de consommation ou de leurs habitudes de consommation. Business Insider relève d’ailleurs que « ces recherches porteront notamment sur l’exploitation des données pour pouvoir mieux cibler les besoins des consommateurs ».

Car il est possible de tirer beaucoup de choses d’une simple liste de courses. Y compris une sensibilité politique.

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