Alors que se tient en France le sommet Tech for Good, IBM annonce le recrutement de 1 800 personnes d'ici 2 ans dans l'Hexagone. Ils renforceront l'entreprise américaine dans le domaine de l'intelligence artificielle, du cloud computing, de la blockchain ou encore de l'Internet des objets.

IBM n’est pas venu les mains vides pour le sommet Tech for Good. En marge de la réunion organisée par Emmanuel Macron avec plusieurs grands patrons de l’industrie high-tech américaine mais aussi française, ce mercredi 23 mai à Paris, le géant des services informatiques a annoncé l’embauche, au cours des deux prochaines années, de plusieurs centaines de nouveaux salariés.

En tout et pour tout, IBM dit vouloir embaucher 1 800 nouvelles personnes. Dans les faits, il s’agit plus exactement de 1 400 vraies nouvelles embauches auxquelles est associée l’annonce, faite au mois de mars, de 400 recrutements dans l’intelligence artificielle, lorsque IBM participait à un autre sommet, AI for Humanity  au cours duquel le chef de l’État a promis 1,5 milliard d’euros pour ce secteur.

Des embauches liées à l’IA, la blockchain, le cloud et l’Internet des objets

Les profils que vise IBM devront attester d’un haut degré de qualification. L’entreprise dit vouloir recruter des consultants, des architectes informatiques, des développeurs et des experts techniques. Si des professionnels aguerris sont recherchés, IBM ne ferme pas la porte aux jeunes diplômés, qui n’auraient de toute façon pas de mal à trouver un poste ailleurs.

IBM souhaite en effet les mobiliser sur un certain nombre de domaines très porteurs : il y a l’intelligence artificielle bien entendu, mais aussi l’informatique dans les nuages (le fameux cloud computing), la chaîne de blocs (ou « blockchain », la technologie qui est au cœur de la monnaie virtuelle Bitcoin) et l’Internet des objets. Des domaines qui intéressent aussi les rivaux d’IBM et dans lesquels ils investissent lourdement.

Avec cette annonce, le gouvernement pourra sans doute se féliciter de l’attractivité retrouvée de la France. Le président de la République a d’ailleurs su exploiter cette confiance retrouvée en présentant un profil très favorable au business, ce qui n’a pas manqué de séduire le milieu des affaires. Au point qu’un slogan, « France is back », a fini par émerger.

IBM investit dans l’intelligence artificielle.

Contexte de forte concurrence

Mais IBM investit en France d’abord parce qu’il y trouve son intérêt d’entreprise, pas parce que le discours d’Emmanuel Macron lui a plu. Au niveau du cadre législatif tout d’abord, avec la réforme du code du travail, la diminution de l’impôt sur les sociétés ou encore la mise en place d’un impôt à taux unique sur le capital. Et ensuite parce que la concurrence est rude, notamment dans le secteur de l’IA.

Rien que pour la France, des poids lourds comme Google et Facebook ont annoncé en début d’année leur intention de renforcer leur présence dans l’Hexagone, avec l’IA en toile de fond. Facebook prévoit de doubler les effectifs de Facebook AI Research à Paris, son laboratoire spécialisé dans l’IA, tandis que Google va ouvrir un centre de recherche fondamentale sur l’IA, et renforcer son siège à Paris.

IBM
CC Joi Ito

Parallèlement, IBM a fait savoir qu’il entend renforcer sa présence en créant des pôles de compétences en région avec des partenaires locaux publics et privés et en lançant une académie à Paris (IBM France Academy) avec des cours en ligne pour former ses employés, ses clients et ses partenaires pour leur fournir des compétences « requises à l’ère de l’IA ».

Enfin, l’entreprise va étendre le réseau de programmes de formation pour renforcer les compétences des « new collars », un terme qui désigne des fonctions nouvelles dans des domaines tels que la cybersécurité, la data-science, l’IA et les activités liées au cognitif et qui «  n’exigent pas nécessairement de diplômes universitaires traditionnels mais plutôt les bonnes compétences, souvent obtenues par une formation professionnelle ou sur le terrain ».

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