L'entrepreneur américain Christof Wittig est de ces nouveaux apôtres de la blockchain. Le fondateur d'Hornet, chat gay, croit voir en celle-ci une occasion de promouvoir l'égalité et la fin des discriminations pour aider la communauté LGBT+.

Ce lundi de février, devant une poignée d’investisseurs et de curieux, Christof Wittig, fondateur de l’appli gay Hornet, présentait « le projet le plus avancé pour la communauté gay  » : une blockchain à destination des LGBT+. Alors que des tokens de la sorte ont déjà été lancés, comme la RainbowCoin (entre autres), cet entrepreneur de la gay tech veut prouver que son projet, pile dans l’époque, n’est pas de la même étoffe que tous les tokens qui naissent ces derniers mois — aussitôt financés, aussitôt oubliés.

« Le pouvoir de la blockchain au service de l’égalité des droits  »

Propulsé par une ICO, levée de fonds par le biais d’une émission de jetons, le LGBT Token doit, selon l’Américain, mettre « le pouvoir de la blockchain au service de l’égalité des droits  ». Pour cela, le white paper évoque trois utilisations précises de la technologie des chaînes de bloc : d’abord, l’identification sécurisée des membres de la communauté à travers la blockchain, ensuite, la distribution d’une monnaie LGBT et enfin, la création d’outils et de fonds pour soutenir des initiatives militantes.

Pour Wittig, l’émergence d’une monnaie propre à la communauté LGBT+ permettrait de faire prendre conscience à toutes les entreprises l’importance économique de ses membres. Afin de marquer les esprits, l’entrepreneur met en avant que l’économie rose représenterait la quatrième économie mondiale si elle se classait comme un pays. Ce serait, selon lui, plus de 4,6 trillions de dollars qui seraient issus de cette économie, et donc des membres de cette communauté.

l’économie « rose » représenterait la quatrième économie mondiale

Il dit : « Imaginons une compagnie aérienne qui s’adresse aux femmes, aux enfants, aux ados mais jamais aux LGBT+. Là, en voyant l’importance de cette niche, elle pourrait s’adapter et changer sa mentalité  ». La monnaie pourrait donc, si elle est adoptée, mettre en lumière le pouvoir économique des LGBT+. Dans la salle, un tenancier de bar gay reste sceptique. S’il n’est pas contre l’idée, il s’interroge : « Pourrais-je vraiment payer mes fournisseurs avec des LGBT Token ?  ». L’Américain rétorque que la monnaie s’adressera d’abord aux relations consommateurs : une entreprise pourrait être invitée à l’accepter pour montrer son soutien à la cause LGBT.

Rendre la monnaie

Alors qu’il est encore complexe de régler un billet d’avion avec des bitcoins, ces discussions apparaissent encore très théoriques. Moins éloignée, la sécurité des échanges par le biais de la blockchain intéresse davantage. Les créateurs ont ainsi imaginé que la chaîne de bloc pourrait accueillir un système d’authentification des membres de la communauté sécurisé et illisible pour les gouvernements.

Wittig rappelle : « Dans certains pays, il n’est pas conseillé de donner son identité sur Internet pour, par exemple, participer à une soirée gay ». Ainsi, la blockchain pourrait permettre à des organisateurs de soirées, mais également de meetings militants d’enregistrer ses participants de manière chiffrée, sans transmettre l’identité réelle de chacun.

Enfin, soutenue par la LGBT Foundation, entité autonome de Hornet, la réussite économique du jeton pourrait permettre à financer des initiatives visant à promouvoir l’égalité et lutter contre les discriminations. Chacun des possesseurs de jetons pourra financer facilement des initiatives, de manière directe et avec des fameux contrats intelligents — le token est fondé sur l’Ethereum.

Ce sera, selon Wittig, l’occasion pour les LGBT+ de littéralement « rendre la monnaie  » de l’aide qu’ils ont reçu, ou aurait aimé recevoir plus jeune. Omar Didi, coprésident de MAG (Mouvement d’Affirmation des Jeunes Gais, Lesbiennes, Bi & Trans), s’estime prêt à utiliser la technologie pour organiser des initiatives non lucratives. Il rappelle notamment que la sécurité des identités, pour venir en aide à des jeunes, est souvent une question cruciale.

Quant à la réussite de l’ICO, ses promoteurs sont confiants. Les pré-ventes, dont le ticket d’entrée a été fixé à 100 000 dollars, remporteraient un franc succès. Le printemps sera décisif pour le token qui se verra mis en vente au prix de 3 000 jetons pour un Ethereum.

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