Microsoft a concocté un brevet qui vise à activer automatiquement la navigation privée sur Edge lorsqu'un internaute se rend sur site web sur lequel ce mode est régulièrement utilisé.

Vous êtes du genre à visiter des sites pornographiques à partir du PC familial ? Alors vous devez sans doute bien connaître l’emplacement de l’option qui sert à effacer l’historique des pages visitées. Ou bien peut-être êtes-vous spécialiste du mode de navigation privée, qui évite de conserver certains éléments (pages vues, recherches, fichiers temporaires, cookies…) pendant la navigation.

Dans le cas contraire, on imagine facilement que vos pérégrinations lubriques vous ont déjà causé quelques ennuis familiaux, avec votre compagne ou votre compagnon par exemple. Dans un avenir proche, ce type de discussion pourrait toutefois ne plus avoir cours. En tout cas, si vous utilisez Microsoft Edge comme navigateur web. En effet, un brevet pourrait vous sauver la mise.

Repéré par le site MSPoweruser, ce titre, qui a été publié jeudi 23 novembre sur le site de l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle, décrit en effet une méthode qui vise à basculer automatiquement en monde de navigation privée (ou incognito, la terminologie diffère selon les navigateurs web : Microsoft Edge parle de navigation InPrivate) sur certains sites précis.

L’idée du brevet est de s’appuyer sur des statistiques collectées sur les navigateurs Edge utilisés par d’autres internautes pour déterminer sur quels sites ce type de mode de navigation est actif. En effet, la navigation incognito ne sert pas vraiment à se cacher d’un surf classique, si vous allez sur Doctissimo, Allociné ou Reddit. Il y a objectivement assez peu de raisons de l’activer pour ces espaces.

Pour le porno mais pas que

La situation est bien différente si vous surfez sur des sites X ou tout ce qui peut être délicat à justifier socialement. On pense par exemple à des sites de paris en ligne par exemple. Ou des sites montrant des vidéos violentes. Ou bien à 4chan et à toutes ses déclinaisons imaginables. Dans ces cas-là, la probabilité que le mode incognito soit activé est bien plus élevée.

Ainsi, en se basant sur un certain volume d’indicateurs associant la navigation privée à un site web, Edge pourrait par exemple basculer automatiquement dans cette configuration si un internaute cherche à accéder au site. Le navigateur lirait l’adresse du site, vérifierait s’il est associé au mode InPrivate et l’activerait ou non juste avant que la connexion soit établie, le tout en une fraction de seconde.

Quid de l’anonymat ?

Compte tenu de la sensibilité du sujet, toute intégration de ce type de mesure doit pouvoir se faire sans que l’identité de l’internaute ne puisse se retrouver mêlée avec des contenus pornographiques, violents ou sensibles.

En particulier, il faut que les indicateurs qui pourraient servir à dire si un site entraîne souvent l’activation de la navigation privée (ce qui ne peut se faire qu’en faisant remonter l’information depuis les internautes qui se servent du navigateur. Ou alors, il faut concocter une liste « noire » de sites, mais celle-ci sera forcément incomplète) soient rendus anonymes.

Tout ceci est évidemment très théorique puisqu’il ne s’agit que d’un brevet. Rien ne dit que Microsoft finira par utiliser la méthode qu’il brevète dans Edge. En outre, même si elle finit par être intégrée au navigateur web, Microsoft pourrait très bien s’en servir pour d’autres sites que ceux pour adultes.

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