Dans les heures qui ont suivi la pire tuerie de l'histoire des États-Unis à Las Vegas, dimanche 1er octobre, Google et Facebook ont relayé des informations mensongères propagées par des membres de l'extrême droite américaine. Les deux géants ont présenté leurs excuses et promettent d'éviter que de tels incidents ne se reproduisent.

Après l’attaque — que le FBI refuse de qualifier de « terroriste » — à l’hôtel Mandala Bay de Las Vegas, dimanche 1er octobre, les fausses informations n’ont pas tardé à se propager sur les réseaux sociaux. Alors que les éléments fiables sur la pire tuerie de l’histoire des États-Unis qui a fait 58 morts et des centaines de blessés restaient épars, les actualités mises en avant par Google sur le sujet ont à un moment donné affiché une publication tirée du sulfureux espace communautaire 4chan.

Sur ce lieu d’échange connu pour les messages racistes de l’alt-right et leur prédilection pour la propagation de fake news, un sujet identifiait à tort le tueur comme Geary Danley, membre d’une prétendue « armée anti-Trump ». Et c’est cette même rumeur sans aucun fondement qui s’affichait sur Google lorsqu’on effectuait une recherche sur son nom.

Le géant du web s’est excusé dès lundi matin dans un communiqué : « Malheureusement, tôt ce matin, nous avons brièvement affiché un site (sic) de 4chan inexact dans nos résultats de recherche pour un nombre réduit de requêtes [celles portant sur le nom de Geary Danley]. En quelques heures, cette page de 4chan a été remplacée, grâce à nos algorithmes, par des résultats pertinents. Cela n’aurait pas dû arriver et nous continuerons à améliorer nos algorithmes pour éviter que ça ne se reproduise. »

Le Safety Check de Facebook également mis en cause

Reste une question légitime : pourquoi Google inclut-il des sites comme 4chan, qui n’appartiennent pas à une liste de médias fiables, dans ses résultats d’actualité — un changement effectué en 2014 ? La firme de Mountain View avait déjà fait débat lorsque le moteur de recherche affichait, fin 2016, dans ses résultats, un site néo-nazi en réponse à des requêtes sur l’Holocauste, avant de finir par se décider à le retirer.

Facebook a également été contribué à la diffusion d’articles mensongers, par l’intermédiaire de son outil Safety Check, qui permet de signaler à ses proches qu’on se trouve en sécurité lors d’un événement grave, mais aussi de relayer des actualités liées à celui-ci. De fait, les « liens d’actualité » de l’outil incluaient notamment des sites de l’extrême droite américaine qui présentaient, là encore, le tireur comme un militant anti-Trump.

La plateforme s’est elle aussi excusée dès lundi  : « [Nous] avons repéré la publication dès ce matin et l’avons supprimée. Toutefois, sa suppression a été retardée de quelques minutes, ce qui a permis d’en faire des captures d’écran qui ont circulé. Nous travaillons à la résolution du problème qui a permis [cet incident] et nous le regrettons profondément. »

Faux avis de recherche de personnes prétendument présentes sur place, utilisation d’une photo du célèbre joueur de foot turc Mesut Özil pour le présenter comme une personne disparue pendant le concert, fausses informations sur le tireur… Sur Twitter, de nombreux messages mensongers ont quant à eux alimenté les hashtags liés à l’attentat, entretenant la confusion en pleine situation de crise. Le réseau social a depuis assuré avoir réagi rapidement face à ces contenus qui violent ses conditions d’utilisation.

 

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