Sheryl Sandberg a pris la défense de WhatsApp sur la question sensible du chiffrement. Alors que différents responsables politiques (dont Emmanuel Macron) souhaitent permettre l'accès au contenu chiffré au nom de la lutte anti-terroriste, la numéro deux de Facebook, affirme qu'un tel revirement nuirait aux investigations des forces de l'ordre.

Riche de son milliard d’utilisateurs quotidiens, WhatsApp, l’appli de messagerie sécurisée rachetée par Facebook en 2014, peut compter sur la voix de Sheryl Sandberg, numéro 2 du réseau social, pour assurer sa défense sur la question sensible du chiffrement.

L’appli est en effet régulièrement ciblé par les hommes et femmes politiques — généralement au lendemain d’attentats — qui appellent à permettre l’accès au contenu chiffré (de bout en bout sur WhatsApp, qui n’en détient pas la clé de déchiffrement), ces messageries étant notamment utilisées par les terroristes.

Pour Sheryl Sandberg, aller contre le chiffrement de bout en bout pour pouvoir lire le contenu des messages échangés — dont l’accès est, par définition, seulement permis aux participants à la conversation — ne ferait qu’aggraver la situation, comme elle l’a confié à la BBC : « L’objectif des gouvernements est d’obtenir le maximum d’informations possible. Sur les services de messagerie chiffrée comme WhatsApp, le message en lui-même est chiffré mais pas ses métadonnées [des infos comme l’heure de l’envoi, etc]. Donc, quand vous m’envoyez un message, on ne peut pas savoir ce qu’il dit mais on sait que vous m’avez contacté. »

sheryl sandberg facebook
CC World Economic Forum

Le risque du non-partage des métadonnées

La numéro 2 de Facebook poursuit avec une mise en garde : « Si les gens délaissent ces services chiffrés pour se tourner vers des services chiffrés dans des pays qui ne partagent pas les métadonnées, le gouvernement dispose en réalité de moins d’informations et pas [d’informations supplémentaires]. »

Khalid Masood, le terroriste qui a assassiné 5 personnes près du Parlement britannique le 22 mars 2017 à Londres, communiquait notamment sur WhatsApp quelques minutes avant son attentat. Mais on ignore si ses derniers messages échangés sur l’appli concernaient son futur crime.

Peu après cet attentat, Amber Rudd, ministre britannique de l’intérieur, avait affirmé que l’utilisation de moyens de communication chiffrés était « complètement inacceptable » : « Nous devons nous assurer que [les services] comme WhatsApp — et il y en a plein comme ça — ne fournissent pas une cachette aux terroristes qui leur permet de communiquer entre eux. »

En France, Emmanuel Macron veut lui aussi permettre l’accès au contenu chiffré dans son plan d’action commun avec la première ministre britannique Theresa May. Mais les propos du président français semblent indiquer sa méconnaissance, voire son incompréhension du sujet.

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