Facebook va-t-il enfin cesser de jouer les équilibristes pour s'impliquer plus directement dans la lutte contre la désinformation ? Après une série de mesures timides, le réseau social s'attaque aux faux comptes créés sur sa plateforme, qui alimentent de tels contenus.

Ces derniers temps, Facebook multiplie les mesurettes contre les « fake news », tout en prenant soin de ne pas s’impliquer directement dans le processus de vérification des contenus inexacts. Le réseau social, qui se dit prêt à rémunérer ses fact-checkers, a annoncé aujourd’hui avoir pris des mesures directes contre le phénomène en lançant une offensive contre les faux comptes d’utilisateurs, qui contribuent le plus souvent à la désinformation sur ses fils d’actualité.

Comme le rapporte l’AFP, le réseau social a en effet affirmé qu’il surveillait les comportements suspects de ses membres, à l’instar des messages à répétition ou des comptes publiant un flux important de contenus. Facebook précise que ce choix fait partie d’un effort plus large, afin de réduire les fake news circulant sur sa plateforme.

« Nous avons constaté que lorsque les gens se présentent sur Facebook de la même manière que dans la vie réelle, ils agissent de manière responsable, a fait observer Shabnam Shaik, de l’équipe de protection et d’assistance du réseau social. Les faux comptes ne suivent pas ce modèle, et sont étroitement liés à la création et à la propagation des spams. »

30 000 comptes déjà visés en France

Les comptes suspectés d’être faux mais incapables de satisfaire la demande d’identification du réseau social sont suspendus. En France, Facebook s’est ainsi déjà attaqué à 30 000 comptes.

Depuis le 3 mars 2017, son outil de lutte contre la désinformation est disponible dans sa version française et permet aux membres du réseau social de signaler toutes les publications dont ils doutent de la véracité. « Nous avons apporté des améliorations pour reconnaître les comptes non authentiques plus facilement, en identifiant leur activité — sans contrôler le contenu en lui même  », poursuit Shabnam Shaik.

Elle ajoute : « Avec ces changements, nous espérons que nous allons également réduire la diffusion des contenus générés par ces activités non authentiques, incluant les spams, la désinformation ou tout autre contenu trompeur souvent partagé par les créateurs de faux comptes.  »

La nouvelle mesure annoncée par Facebook vise sans doute à calmer les esprits, en tout cas temporairement. L’annonce s’inscrit dans une volonté plus générale de la part du réseau social de détourner les critiques qui ont pu lui être faites, notamment d’avoir contribué à la diffusion de fake news à l’occasion de la campagne pour la présidentielle américaine de 2016. En Europe également, le réseau social a récemment dû faire face à la justice allemande.

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