À la CinemaCon, les constructeurs d'écrans ont volé la vedette aux professionnels de la projection. Super écran 8K LED HDR contre projecteur de dernière génération : la guerre technologique a bien lieu alors même que peu de salles sont en mesure de financer ce cinéma du futur.

Les salles de cinéma n’ont pas fini d’être bouleversées par la technologie malgré les difficultés auxquels elles font déjà face.

En effet, les constructeurs qui les équipent continuent à innover pour conserver leur marché et tentent de dessiner un futur du cinéma radieux et surtout technologiquement en avance sur l’équipement grand public que l’on trouve déjà dans les salons des plus pointus amateurs d’images.

Les LED veulent la mort du projecteur !

Au détour de la CinemaCon, inévitable rendez-vous de l’industrie qui réunit à la fois les studios, les exploitants, les artistes et les constructeurs, ces derniers ont une nouvelle fois démontré que nos salles obscures ne sont pas condamnées à perdre la partie face aux nouveaux téléviseurs et leur technologie de pointe : OLED, 8K et HDR.

OLED LG

Et ainsi, la conférence a été marquée par de nombreuses démonstrations de dalles LED 4K géantes qui une fois réunies forment un immense écran 8K (soit plus de 16 fois la définition standard au cinéma, 2K). Bien sûr l’intérêt est évident ici : avec des technologies non pas de projection mais d’affichage LED, le cinéma change radicalement son modèle mais offre aux spectateurs la meilleure expérience visuelle possible, en battant de fait leur téléviseur.

Samsung a particulièrement convaincu grâce à son LED Cinema Screen : un écran de 10 mètres composé de deux dalles LED 4K supportant le HDR et son incroyable nuancier de couleurs et de contrastes. Le résultat impressionnant a attiré l’attention de GDC Technology, numéro deux du cinéma numérique qui a déjà annoncé une salle concept pour tester la solution Samsung.

Le concept porté par la firme coréenne va par ailleurs beaucoup plus loin qu’un simple changement technologique pour l’affichage : Samsung souhaite en effet également s’imposer en tant que fournisseur des systèmes audio grâce à sa filiale Harman qui a dévoilé un large dispositif compatible avec la norme Atmos de Dolby. Enfin, le Coréen veut également repenser l’expérience du cinéma des fauteuils jusqu’à l’écran, en introduisant par exemple des sièges massant et des chargeurs pour votre mobile.

Sony a également participé à cette course technologique en mettant en avant un autre super écran : ses dalles Crystal LED 4K qui forment un écran de 4 mètres, dont l’extension est déjà prévu pour atteindre les 9 mètres (32 pieds). Le constructeur s’est attardé sur le rafraîchissement de ses écrans, un des prochains sujets sensibles du cinéma, en impressionnant son auditoire grâce à une diffusion du dernier Ang Lee, le magnifique et techniquement impeccable Billy Lynn’s Long Halftime Walk en 4K à 120 FPS (images par seconde).

Les performances de fluidité sont aujourd’hui une épine dans le pieds de la projection et des vieillissantes installations que les studios aimeraient voir disparaître pour exploiter les avantages visuels de technologies plus rapides. James Cameron par exemple s’est déjà exprimé à plusieurs reprises sur le sujet en précisant qu’il voyait dans l’augmentation des FPS une évolution nécessaire pour construire ses suites d’Avatar.

Qui peut payer ?

Mais face à cette folle course technologique, les exploitants décrochent de plus en plus, notamment dans les contrées où le marché s’étiole, conduisant à une baisse des prix des tickets. De fait, face aux prix exorbitants des solutions LED, la vraie star de la CinemaCon, c’était le projecteur laser. Plus lumineux que les solutions Xenon d’hier, la technologie est aujourd’hui commercialisée par Barco, Christie et même Sony. Toutefois, le laser, bien que moins lourd financièrement que l’écran LED — les constructeurs ne souhaitent même pas dévoiler le prix de leurs dalles — reste très coûteux avec des investissements pouvant dépasser le million de dollars par salle.

Au milieu de ces cinémas du futur qui se dessinent sans jamais se montrer à portée de main pour les plus petits exploitants à cause de leurs coûts, les solutions hybrides comme celle du français Ymagis — dont nous vous parlions en début d’année — séduisent les portes-feuilles : en promettant une solution HDR grâce à des technologies Xenon (des projecteurs 4K Sony), ÉclairColor rassure les exploitants en affirmant que la projection numérique des années 2000 n’est pas encore morte.

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