Grâce à une collaboration entre le groupe français Ymagis et les cinémas Pathé, pour quelques salles, le film La La Land a été remasterisé afin d'être projeté grâce à une technologie s'approchant de la HDR.

SND, groupe M6, qui est le diffuseur français de La La Land a décidé de faire confiance aux laboratoires Eclair d’Ymagis. Ymagis est une société française qui a développé ces dernières années une technologie pour les salles obscures que le monde entier commence à nous envier, même Hollywood.

En effet, ce laboratoire spécialisé dans l’image a développé une technologie appelée EclairColor qui permet pour un coup moindre et en utilisant des vidéoprojecteurs existants (les Sony Digital Cinema 4K de dernière génération) de donner aux salles la capacité d’afficher des contenus HDR.

Belle et Sébastien 2 en version HDR (EclairColor)

HDR ou high dynamic range imaging est une appellation que nous voyons de plus en plus souvent apparaître, sur Netflix notamment, ou dans certains jeux vidéo — c’était l’un des arguments commerciaux de la PS4 Pro. Toutefois au cinéma, ce label se fait plus rare.

Pour comprendre pourquoi, nous allons tenter d’expliquer brièvement — nos confrères de FrAndroid l’ont fait plus exhaustivement — ce qu’est le HDR et ce que cela change pour le spectateur. Pour faire simple, il faut expliquer que ce format permet à des dispositifs d’affichage, comme un écran ou un vidéoprojecteur, de s’aventurer plus largement dans les fortes et faibles luminosités, comme nous l’explique Vincent Sergere : « Sur un téléviseur par exemple, le HDR va permettre grossièrement d’avoir, sur une même image, un noir très profond et un blanc très clair. Alors que sans le support de l’imagerie à grande gamme dynamique des contrastes, l’image aurait été nécessairement moins éclatante et plus plate, et le constraste mécaniquement réduit à cause d’une différence plus faible entre les noirs et les blancs. »

l’HDR sur la PlayStation Pro

 Car la HDR, si elle fait vendre des téléviseurs et des abonnements Netflix, est d’abord une question de fidélité à la réalité des couleurs telles qu’elles sont perçues par l’œil. Et en augmentant la capacité des écrans à retranscrire les contrastes captés par les caméras, le sentiment de réalisme des couleurs est plus important.

Salles obscures dynamiques 

Mais pourquoi vouloir utiliser cette technique au cinéma ? Car de la même manière que la HDR, en fonction des technologies et des formats, peut améliorer notre perception des couleurs d’un film ou d’une photo sur un téléviseur, elle peut également, si les cinémas s’y plient, améliorer les couleurs et les contrastes dans nos salles obscures et offrir parfois des résultats bluffants. Nos confrères de FrAndroid estiment ainsi que la HDR serait la technologie d’image la plus pertinente de ces dernières années.

Concernant le cinéma, la latitude du label HDR permet à la technologie de ne pas être dépendante des projecteurs — et de se décliner de différentes manières.

Aujourd’hui, pour voir un film en HDR dans nos cinémas, il faut soit que celui-ci soit équipé des technologies très coûteuses de Dolby (avec son Dolby Vision pour le cinéma), soit de la technologie laser d’Imax. Les deux solutions représentent des investissements si importants que pour trouver des salles françaises compatibles, il faut chercher longtemps. D’où l’opportunité pour Ymagis d’imposer en France, et peut-être dans le monde, son standard HDR à lui, bien moins coûteux que ceux des grands noms.

Par exemple, à Paris, le Pathé Wepler et le Gaumont Champs-Élysées ont décidé de s’essayer à l’EclairColor d’Ymagis, pour un coût de 40 000 € environ selon les responsables des laboratoires Eclair. Ces salles étant déjà équipées de projecteurs de dernière génération, peu de changements ont été opérés sur ceux-ci. M. Sergere nous explique qu’un vidéoprojecteur de grande qualité, 4K et avec une excellente luminosité, peut déjà servir à traiter des contenus HDR.

De fait pour La La Land, l’essentiel du travail n’a pas été fait dans les deux salles parisiennes mais du côté de la remasterisation du film par Ymagis pour que celui-ci s’adapte au standard de la société. Grâce à la collaboration du diffuseur SND, le laboratoire s’est donc penché sur les couleurs du long-métrage de Damien Chazelle afin de redonner à la bande (numérique) tout son contraste et ses profondeurs.

Pour les Français d’Ymagis, La La Land est une belle opportunité de montrer à Hollywood qu’en France aussi, on innove radicalement dans nos salles obscures. Et pour la société qui rêve de voir un film par semaine sortir en EclairColor en 2017, l’intérêt des géants américains pourrait changer la donne afin d’imposer son format au monde entier.

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