Les 4 et 5 mars 2017, plusieurs villes françaises accueilleront la Nuit du Code Citoyen. Ce marathon géant de programmation informatique réunira développeurs et entrepreneurs pendant 48 heures afin de créer ensemble des projets à dimension citoyenne.

Si la semaine européenne du code s’est constituée en rendez-vous désormais institué pour apprendre à maîtriser la programmation informatique, il ne s’agit pas du seul événement qui fait honneur à cette discipline. Ainsi, les 4 et 5 mars 2017, plusieurs villes de l’hexagone et de pays francophones vont accueillir la Nuit du Code Citoyen. L’objectif est de réunir pendant 48 heures des gens animés par une démarche entrepreneuriale avec des développeurs, dans le but de créer des projets innovants. Si l’initiative est globale, elle se concrétisera par des événements locaux simultanés.

À l’origine du projet, se trouve l’association lyonnaise des Bricodeurs, créée il y a un an et demi par Xavier Lavayssière. « On se réunissait le dimanche après-midi, c’est de là que vient le nom de notre association  », nous raconte-t-il. Après un voyage de deux ans aux États-Unis, l’entrepreneur s’est lancé dans le domaine du conseil en apportant ses connaissances dans les technologies de blockchain (chaîne de blocs, c’est-à-dire une base de donnée sécurisée fonctionnant sans l’aide d’un organe de contrôle) à des ingénieurs ou avocats. « Je les aide à trouver les technologies émergentes correspondant à leurs usages », complète-t-il.

Associer technologies et enjeux citoyens

L’objectif des Bricodeurs est de favoriser le lien entre les décodeurs numériques et le grand public. « On a participé à des hackathons, mais le problème avec les hackathons est qu’ils ont tendance à surtout rester dans une visée créative. En lançant la Nuit du Code Citoyen avec d’autres associations, on a eu envie de partir de projets déjà matures, des professionnels qui travaillent sur un problème précis », poursuit Xavier Lavayssière.

Les Bricodeurs réunis lors d’un atelier. / Les Bricodeurs

Il y a quelques mois, les coordinateurs de l’événement ont lancé un appel à projet afin de commencer à regrouper les initiatives qui vont se consolider lors de cet événement autour du Code. Pour l’instant, 26 projets se sont fait connaître et 7 villes se sont déjà manifestées pour organiser l’événement à leur échelle locale.

Un événement global pensé au niveau local

Mais alors comment s’y prend-on pour organiser cet événement glocal (contraction de global et local) ? « C’est une vraie aventure, sourit Xavier Lavayssière. On a commencé par rédiger un document introductif. Il y a un mois on a précisé quels étaient les éléments intangibles qu’on attendait des projets. Comme l’organisation se fait en grande partie de manière localisée, on organise parfois des réunions par téléphone ou des réunions publiques, pour affiner les projets qui peuvent déjà l’être. Mais le principe c’est plutôt qu’on ne passe pas trop de temps à coordonner. »

Une synchronisation également facilitée par des outils, puisque les participants communiquent via Slack ou sur Rocket.chat, et que « le réseau du numérique avec une dimension locale et citoyenne » que nous décrit Xavier Lavayssière n’est pas trop étendu. « C’est une fédération d’acteurs avec une vision décentralisée. Notre philosophie, c’est que l’on n’a pas besoin de plus de structure, même si on organise quand même quelques réunions publiques pour se motiver et générer un intérêt. »

Un réseau numérique à dimension locale et citoyenne

Quant au marathon en lui-même, il s’ouvrira le samedi 4 mars avec des salles consacrées à six thématiques : la démocratie numérique, les outils du collectif, les données du citoyen, l’éducation au numérique, la ville accessible et durable, et la vie de nos campagnes. Les participants pourront évoluer entre les salles, avant de décider de rejoindre un projet et de former les équipes qui travailleront le reste du week-end.

Les Bricodeurs lors du hackathon Act In Space. / Les Bricodeurs

L’objectif de ces deux journées est, ajoute l’organisateur lyonnais, de « créer quelque chose qui permette aux gens de comprendre l’idée qu’il y a derrière le service que l’on veut créer  ». Dit plus simplement, les participants doivent aboutir à un résultat testable par un jury, qui sera présent le dimanche après-midi.

Le « bug swaping », pour s’entraider à distance

Parmi les projets déjà proposés, une équipe toulousaine planchera sur Signothèque, une bibliothèque dédiée aux personnes sourdes ou muettes. À Rennes, un projet de capteurs océanographiques open source sera également étudié. La ville de Montpellier devrait quant à elle travailler sur un jeu simulant les programmes présidentiels sur cinq ans, tenant compte des thématiques économiques et du développement durable.

La majorité des participants se trouvera donc dans des lieux fermés pendant ces 48 heures, mais ils ne seront qu’à un clic de leurs homologues dans les autres villes. « Nous allons utiliser le Rocket.Chat et la plateforme de vidéos Appear.In pour communiquer entre nous. On a mis au point un système de bug swaping, pour que les personnes puissent trouver quelqu’un capable de les aider », annonce le créateur des Bricodeurs, qui passera le marathon dans la ville de Lyon.

L’événement est gratuit et ouvert à tous. Afin d’éviter que l’engouement autour de cette initiative retombe par la suite, les organisateurs de la Nuit du Code Citoyen envisagent de continuer à travailler sur les projets lors de rendez-vous mensuels, Les Petites Nuits du Code Citoyen.

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