Nous avons testé la PlayStation 4 Pro pendant plusieurs jours. Que faut-il retenir de cette expérience ?

Il y a quelques semaines, Sony Interactive Entertainment levait le voile sur la PlayStation 4 Pro. Derrière ce nom rappelant certains produits Apple se cache le haut du panier du côté des consoles du constructeur. Dans l’histoire de la firme nippone, la PS4 Pro est une grande première puisqu’il s’agit d’une machine mid-cycle, soit la même chose que la solution existante mais en mieux.

Dans le jargon commercial, il y a donc désormais une gamme de PlayStation 4, gamme comportant deux entrées : la classique, sortie en 2013 et ayant récemment bénéficié d’un lifting (Slim), et la Pro. Faut-il craquer pour cette dernière, qui se présente comme le nouveau haut de gamme ? Là est la grande question. Nous serions tentés de dire oui, mais tout dépend, en fait, de l’équipement à la maison.

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Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de rappeler que la PlayStation 4 Pro est une déclinaison plus puissante de la PlayStation 4, permettant, sur le papier, d’améliorer le rendu graphique des jeux. Esthétiquement parlant, force est de reconnaître que la console perd un peu d’élégance en passant en Pro (robe mate au lieu de bi-ton, taille plus imposante). Pour compenser, elle gagne quelques caractéristiques : un troisième port USB à l’arrière, des touches physiques à l’avant.

Toutefois, la PlayStation 4 Pro reste une PS4, ce qui se traduit par beaucoup de choses en commun, à commencer par l’interface — un poil plus véloce — et le catalogue de jeux. Contrairement à la Xbox One S, qui ne boxe pas dans la même catégorie, la machine de Sony n’avale pas les Blu-ray UHD, un manque immense à l’heure où le format vient d’être lancé (et il n’aurait pas été contre un petit coup de pouce, comme le Blu-ray avec la PS3 en son temps). C’est même un sacré argument en moins pour une console facturée dans les 400 €, estampillée 4K et HDR qui plus est.

Il restera toujours Netflix et les autres networks pour voir des vidéos dans la meilleure qualité possible (ou presque).

La meilleure amie des télés UHD

Il y a plusieurs catégories de joueurs : il y a ceux qui ont une télé Full HD (1080p), ceux qui possèdent déjà une télé UHD (2060p, vulgairement appelée 4K) et ceux qui vont en acheter une très bientôt. Sans surprise, la PlayStation 4 Pro s’adresse davantage aux deux dernières franges, tout simplement parce qu’elle revendique la capacité matérielle d’afficher plus de pixels.

À ce sujet, la 4K native reste un fantasme que peu de productions pourront atteindre et les studios misent plutôt sur des résolutions bâtardes — 1800p notamment — et un upscaling astucieux pour créer l’illusion.

Très franchement, même sans la vraie 4K, la magie opère et la course aux gros chiffres est très vite oubliée dès lors que l’on possède l’équipement idoine. C’est moins vrai pour les jeux en affichage FHD, même si certains développeurs en profitent pour ajouter quelques détails (Rise of the Tomb Raider) ou autoriser un meilleur framerate (jusqu’à 60 fps).

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À l’arrivée, il convient de retenir une chose : Sony Interactive Entertainment laisse les studios choisir pour la PlayStation 4 Pro. Car, sans patch dédié, elle se comporte peu ou prou comme la précédente, avec un faible travail d’upscaling (contrairement à la Xbox One S, qui peut faire des merveilles en termes de lissage).

Cela sous-entend, en outre, que la PS4 Pro ne fera pas de miracle si personne ne joue le jeu. Vu le line-up assez conséquent disponible au lancement, il y a pourtant de quoi être rassuré à court, moyen et long termes. D’autant que les productions PlayStation VR bénéficieront également de ses vertus, quand bien même la résolution du casque restera fixe.

Avec HDR, c’est encore mieux

Vient alors la gestion du fameux HDR, technologie héritée du monde de la photographie ayant pour but d’offrir un rendu plus fidèle à ce que nous voyons dans la vie de tous les jours. Grâce à un boost des contrastes, l’image est plus éclatante, faisant mieux ressortir les détails dans les scènes sombres tout en se payant des pics lumineux magnifiques. Dans un jeu vidéo comme Ratchet & Clank, où les couleurs chatoyantes ne cessent d’abonder à l’écran, c’est bluffant et cela change tout.

À l’inverse, c’est beaucoup moins probant, pour ne pas dire superfétatoire, dans The Last of Us : Remastered et Uncharted 4 : A Thief’s End. Comme pour le reste, il faudra que les studios soient vigilants dans la gestion du HDR. Pour l’utiliser avec intelligence, et aussi, mais surtout, pour ne pas tomber dans l’excès (dénaturation totale de la direction artistique voulue à l’origine). S’il est bien géré, le HDR fera redécouvrir certains titres aux joueurs (attention, le catalogue Pro n’est pas concerné dans son intégralité par cette option).

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PS4 Pro : to buy or not to buy ?

En conclusion, l’acquisition d’une PlayStation 4 Pro est plus que conseillée pour qui entend profiter à 100 % de sa télévision UHD, un argument encore plus valable pour un diffuseur moyen/haut de gamme (c’est-à-dire compatible HDR). Le confort visuel supplémentaire est bel et bien là, malgré le rendu peu homogène, laissé au bon vouloir des studios de développement.

En revanche, l’achat est peut-être moins pertinent pour les joueurs évoluant sur une télé FHD, l’amélioration du framerate n’étant pas vraiment la norme au sein des premiers titres ayant reçu – -ou qui vont recevoir — un patch PS4 Pro. Maintenant, l’écart de prix avec une PS4 1 To est loin d’être rédhibitoire et s’équiper dès maintenant pour le futur peut s’avérer être une bonne idée. Sauf, sans doute, dans un marché qui ne cessera d’évoluer d’année en année à la manière des autres produits.

On aurait tort de l’oublier : les consoles sont devenues des produits de consommation comme les autres. Rendez-vous en 2017 pour la PS4 Pro 2 avec de la vraie 4K native pour concurrencer Project Scorpio de Microsoft ? Rien n’est impossible…

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