En France, les services de secours ont de plus en plus recours à une application open source développée à l'origine par une Gendarme, qui permet de géolocaliser plus précisément les appels d'urgence à l'aide d'un SMS.

À la fin du mois de juillet, nous racontions cette histoire d’un motard accidenté dans la Sarthe, porté disparu et retrouvé seulement quatre jours plus tard dans un état critique, après qu’un ami a eu l’idée de consulter l’historique de navigation GPS collecté par Google depuis son smartphone. Même si Orange avait fourni des données sur les antennes-relais activées par le motard, les informations obtenues ne permettaient que d’avoir une idée très imprécise du lieu de l’accident, dans un périmètre de 5 km beaucoup trop large à fouiller.

Les services de secours ont évidemment conscience de ces limites de la géolocalisation par les opérateurs mobiles, et cherchent des solutions palliatives. C’est le cas en particulier d’une application très simple mais extrêmement utile développée à l’origine par le peloton de Gendarmerie de Haute Montagne de Grenoble (PGHM Le Versoud), GendLoc.

Imaginée à l’origine par un maître de chien d’avalanches, elle permet aux services de secours de répondre aux personnes en détresse qui appellent sans savoir précisément où elles se trouvent, en leur envoyant par SMS un lien vers une application de géolocalisation sur Internet. Lorsqu’ils suivent le lien, ces personnes peuvent autoriser la géolocalisation par GPS depuis leur smartphone, et donc signalement automatiquement leur position très précise. Plus de la moitié des Français disposent actuellement d’un smartphone compatible.

cap-gendarmerie

Gendloc avait fait l’objet le 13 octobre 2015 d’une initiative de la gendarmerie et de l’Agence du patrimoine immatériel de l’État (APIE) visant à réunir plus de 80 étudiants et professeurs, pour en améliorer le fonctionnement lors d’une sorte de hackaton. Depuis, son code source est distribué sur Github et peut être repris par tous les services de secours du monde entier, librement.

En France, Gendloc est désormais utilisé par tous les services d’intervention d’urgence en montagne, par les unités de sauvetage en mer, mais aussi progressivement par les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), le Samu ou encore les centres opérationnels de la gendarmerie (Corg).

«  C’est la simplicité même, pas besoin d’installation d’application, ni de téléchargement. On vous envoie un SMS, vous cliquez dessus et on peut vous géolocaliser précisément, à 5 mètres près. Nous en sommes à une centaine d’utilisation depuis cet été », s’est ainsi réjoui ce vendredi sur France Bleu le lieutenant Guillaume Gilliot, chef du bureau gestion des données au SDIS 25 (Doubs).

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