Des chirurgiens italiens ont procédé avec succès à une greffe de peau sur un jeune garçon atteint d'une maladie génétique. Un échantillon de peau saine du patient a permis de créer une grande surface de peau grâce à une modification génétique.

Jamais une telle intervention chirurgicale n’avait été réalisée. Un jeune Syrien de 7 ans vient de recevoir une greffe de peau sur 80 % de la surface de son corps ; une prouesse médicale réalisée par une équipe de chirurgiens italiens.

Le 8 novembre 2017, la revue Nature a détaillé les conditions de cette greffe particulièrement impressionnante dans un article. Atteint d’une maladie génétique, le jeune patient opéré souffre d’une épidermolyse bulleuse, diagnostiquée lors de son arrivée dans un hôpital allemand en 2015.

Une maladie génétique rare

Il s’agit d’une maladie génétique rare, caractérisée par une fragilité de la peau : la mutation d’un gène essentiel à la structure de notre enveloppe corporelle ne joue plus son rôle, et la peau se détache et s’écorche au moindre choc.

L’une des conséquences de la maladie est donc d’exposer son porteur à de nombreuses bactéries qui risquent de mettre sa vie en péril. Le pronostic vital de l’enfant opéré était engagé en raison de son infection par deux espèces bactériennes.

Une peau saine de 85 cm²

Contactés par leurs homologues allemands, les chirurgiens italiens avaient déjà réalisé une greffe de peau chez un patient atteint de la même maladie, en 2006 ; leur intervention s’était néanmoins limitée à une surface de 6 cm². La personne greffée avait reçu ses propres cellules de peau, modifiées par le procédé de thérapie génique.

La même technique a été employée lors de l’intervention des chirurgiens sur le jeune garçon. Après avoir prélevé un morceau de sa peau intacte, un gène sain a été introduit dans les cellules de cet échantillon.

Trois opérations ont été nécessaires

En remplaçant le gène responsable de la maladie, le gène sain transforme les cellules souches en peau. Après avoir obtenu une surface de 85 cm², les scientifiques ont pu procéder à la greffe lors de trois opérations étalées entre octobre 2015 et janvier 2016.

Huit mois après l’opération, les cellules réparées avaient pris le dessus sur les cellules malades. L’épiderme ainsi créé a montré sa résistance aux chocs et n’a pas développé de cloques au cours des 21 mois suivant l’opération, se sont félicités les médecins.

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