Des chercheurs ont mis en évidence les conséquences du non respect des normes encadrant les véhicules diesel par les constructeurs. Si les limitations avaient été respectées en 2013, 5 000 décès auraient pu être évités. En cause, les oxydes d'azote.

C’était en janvier 2016. Volkswagen, pris en flagrant délit de truquage pour tenter de dissimuler la pollution générée par ses moteurs diesel, engageait le rappel massif des véhicules incriminés. Le scandale a marqué les esprits, et pas seulement parce qu’il a révélé les pratiques peu scrupuleuses de plusieurs constructeurs automobiles. Cette affaire soulève plus largement des interrogations autour des conséquences du « Dieselgate » sur notre santé.

De nouveaux travaux de recherche mettent aujourd’hui en évidence les conséquences néfastes, et l’impact réel sur les vies humaines, de la pollution atmosphérique engendrée par les véhicules diesel. Dans un article publié dans la revue Environmental Research Letters par plusieurs chercheurs — notamment des météorologues, et des spécialistes travaillant sur la qualité de l’air –, on apprend en effet que les véhicules diesel ont émis quatre à sept fois plus d’oxydes d’azote (« NOx ») sur la route que ce qu’ils étaient censés émettre lors des procédures d’homologation.

Le « Dieselgate » directement mis en cause

« Ces émissions excédentaires sont une conséquence du design, choisi délibérément, du système de post-traitement des véhicules, comme l’ont révélé les investigations lors du scandale du ‘Dieselgate’. Nous calculons ici les impacts sur la santé et sur l’environnement de ces émissions excédentaires de NOdans tous les pays européens pour l’année 2013 », énonce l’équipe de chercheurs dans cette étude.

Ces travaux visent à établir une comparaison entre les émissions qu’auraient dû hypothétiquement émettre les véhicules diesel s’ils avaient respecté les limites imposées par les États, et celles véritablement émises.

« Nous estimons que près de 10 000 décès prématurés provenant des [particules fines] PM2,5 et de l’ozone dans la population adulte (âgée de plus de 30 ans) peuvent être attribués aux émissions de NOx des véhicules diesel et des véhicules utilitaires légers dans l’Union européenne des 28, ainsi que la Norvège et la Suisse, en 2013 », poursuit le document. D’après les chercheurs, 50 % de ces décès auraient pu être évités si les limites imposées avaient été respectées par les constructeurs sur leurs véhicules diesel — soit l’équivalent de 5000 personnes.

L’Europe s’avère être particulièrement championne en ce qui concerne la circulation des véhicules diesel sur son territoire : avec plus de 100 millions de véhicules diesel en circulation, le continent en compte deux fois plus que dans le reste du monde.

10 000 décès prématurés peuvent être attribués aux émissions de NOx

Si la plupart des pays européens ont pu favoriser le diesel pour sa propension à émettre moins de dioxyde de carbone que l’essence, c’était sans compter sur les fameux NOx émis en grande quantité par les véhicules diesel. Lorsqu’elles sont rejetées dans l’air, ces minuscules particules de suie et d’ozone sont alors responsables de maladies cardiaques et pulmonaires, qui peuvent entraîner des décès prématurés.

Plusieurs pays du vieux continent cherchent désormais à agir pour en finir avec le diesel et l’essence d’ici plusieurs décennies. En France, le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a annoncé que cet objectif serait rempli en 2040 — une proposition dont la faisabilité n’a pas tardé à être remise en question.

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