Estimant que « la France doit être au rendez-vous de cette révolution de la mobilité », le premier ministre Édouard Philippe entend structurer le chantier de la voiture autonome dans l'Hexagone. Des tests à grande échelle sont prévus en 2018.

C’est ce lundi 20 novembre qu’Édouard Philippe prononçait un discours devant les membres du conseil national de l’industrie. À cette occasion, le premier ministre est revenu sur « l’ambition » du gouvernement au sujet du secteur industriel, les défis à relever et les missions qu’il faudra accomplir dans les mois et les années à venir, afin que la France «  redevienne une grande puissance exportatrice ».

Et pour y parvenir, l’exécutif compte de toute évidence sur la voiture autonome. En effet, cette révolution dans les transports fait partie des quatre tâches figurant sur la feuille de route gouvernementale, avec l’émergence d’une filière dédiée aux batteries, la mise en place d’une politique européenne de l’industrie « forte  » et la convergence et la simplification des réglementations.

CC UMP

« La France doit être au rendez-vous de cette révolution de la mobilité », a ainsi estimé le premier ministre, relevant que « les progrès sont rapides sur le plan technologique » et que « de nouveaux acteurs sont sur la brèche », à commencer par les entreprises  du numérique, principalement américaines, ce qui représente d’ailleurs un défi nouveau pour le secteur automobile, qui se retrouve face avec de nouvelles sociétés.

C’est pour cela que depuis 2014 et la mise en place d’un comité de pilotage dédié au plan « véhicule autonome », les expérimentations ou les démonstrations fleurissent sur l’ensemble du territoire. Il y en a plus de quarante qui ont été autorisées sur la voie publique, que ce soit sur autoroute, en ville ou dans des zone périurbaines, pour des véhicules particuliers ou pour les transports en commun.

« La France doit être au rendez-vous de cette révolution de la mobilité » — Édouard Philippe

Et ce nombre n’inclut pas les expérimentations sur circuit privé, qui n’ont pas besoin d’obtenir une autorisation.

Pour l’exécutif, « il est nécessaire que les acteurs industriels français, constructeurs, équipementiers et partenaires technologiques, prennent position sur ce marché émergent en développant une offre ambitieuse », afin de ne pas se laisser déborder par de nouveaux acteurs ou doubler par la concurrence au sein du secteur automobile alors que la voiture autonome arrive à grands pas.

« La mise sur le marché de [ces] véhicules totalement nouveaux est envisageable dès 2020 », estime Édouard Philippe. Or au-delà des préoccupations économiques pour des sociétés comme Renault et Peugeot, il faut que la société s’adapte pour faciliter l’accueil de ces nouveaux moyens de transport. Car leur démocratisation dépendra pour partie de l’état de préparation, en amont, du pays.

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CC Revac

Le cadre réglementaire constitue l’un des gros morceaux que le gouvernement mais aussi la représentation nationale vont devoir transformer. Mais c’est loin d’être le seul chantier qui attend l’Hexagone : du réaménagement de la ville et des territoires au développement des compétences pour la filière, en passant par l’encouragement d’une offre industrielle compétitive, il y a beaucoup à faire.

Dans ces conditions, il a été décidé de nommer une responsable afin de coordonner les travaux gouvernementaux français. C’est Anne-Marie Idrac, ex-présidente de la RATP et de la SNCF, qui a officié en tant que parlementaire et secrétaire d’État au commerce extérieur, qui a été désignée. Celle-ci doit notamment rendre un premier rapport en mai prochain, en coordination avec le secteur automobile.

Il s’agit de ne pas traîner. L’objectif est de lancer l’an prochain des expérimentations à grande échelle.

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