Selon le Washington Post, Barack Obama avait prévenu Mark Zuckerberg, fondateur et patron de Facebook, du danger représenté par les fake news dès novembre 2016. Le président en fin de mandat l'avait appelé à prendre ce problème au sérieux pour éviter qu'il ne s'aggrave d'ici la prochaine élection présidentielle.

Si le problème des « fake news » est aujourd’hui au cœur des préoccupations de Facebook, son fondateur et patron, Mark Zuckerberg, n’a pas forcément réalisé dès l’émergence du problème à quel point cette propagation de fausses informations sur sa plateforme allait devenir un enjeu pour son avenir. La campagne de désinformation menée par près de 3 000 publicités ciblées d’influence russe pendant la campagne n’en est que l’exemple le plus parlant.

Pourtant, Mark Zuckerberg a reçu un avertissement de Barack Obama à ce sujet dès novembre 2016, au lendemain de l’élection de Donald Trump, comme le révèle le Washington Post. Les équipes du président en fin de mandat, conscientes de longue date du danger représenté par la campagne russe mais soucieuses de ne pas intervenir en pleine campagne, ont fini par estimer, après la victoire de Trump, qu’il était temps d’en parler au principal intéressé.

Cet appel à l’action et à la vigilance s’est fait en privé, à Lima, au Pérou, le 19 novembre 2016, en marge d’une rencontre du président américain avec les leaders de l’Apec (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique). Selon le quotidien, Barack Obama a demandé à Mark Zuckerberg de prendre au sérieux la menace des fake news en vue des futures élections de 2020, estimant qu’en l’absence de mesures adaptées, le problème ne ferait qu’empirer.

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Mark Zuckerberg — CC Ken Yeung

Après le déni de Zuckerberg, le passage à l’action

Fidèle à sa position de l’époque, Mark Zuckerberg reconnaît devant Barack Obama la réalité des fake news mais atténue leur portée, affirmant qu’elles touchent une minorité d’utilisateurs de Facebook et que l’enjeu est difficile à résoudre.

Des propos similaires à ceux qu’il tenait publiquement quelques jours avant, lorsqu’il niait catégoriquement que la victoire de Donald Trump puisse notamment s’expliquer par la diffusion de fake news : « L’idée que Facebook ait influencé l’élection de la moindre manière à cause de ses faux articles d’actualité, qui représentent une partie infime de notre contenu, me paraît ridicule. […]  Les électeurs ont fait leur choix en se basant sur leur vécu. On fait preuve d’un grand manque de considération en affirmant que ces personnes auraient voté comme elles l’ont fait simplement parce qu’elles ont lu de fausses informations. »

Ces dernières semaines, face à l’ampleur du scandale provoqué par la découverte de la campagne de désinformation russe menée sur Facebook pendant la campagne, Mark Zuckerberg s’est toutefois montré beaucoup plus réactif : il a notamment communiqué les fameuses publicités au Congrès pour permettre aux élus d’y voir plus clair. Sans que les mesures adoptées par Facebook pour lutter contre les fake news ne permettent pour autant d’envisager une solution efficace au problème.

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