En Chine, Amazon commercialise l'accès à ses services cloud (AWS) grâce à un partenaire local. Ce dernier aurait décidé, à l'instar d'Apple, d'appliquer strictement la récente loi sur l'interdiction des VPN. La firme alliée d'Amazon bloquera ses clients tentant de percer le Grand Pare-feu chinois, avec l'aval discret de l'Américain, embarrassé par la question.

Beijing Sinnet Technology Co Ltd est une entreprise chinoise très liée à Amazon. En effet, il s’agit du partenaire privilégié de l’Américain en Chine pour commercialiser ses solutions cloud, connues sous le nom d’Amazon Web Services (AWS).

La présence de la société de Seattle en Chine étant très réduite par rapport à l’Occident, l’essentiel de son business local reste lié à des services web. Mais de fait elle opère, comme Apple, sur le web chinois.

Un cas d’étude de la censure

À ce titre, la société doit se plier à la récente loi chinoise interdisant les VPN « non conformes  ». Or comme pour Cupertino, les choix d’Amazon sont scrutés de près puisqu’il s’agit là d’un vrai rapport de force entre le Ministère de l’Industrie, de l’information et des technologies chinois (MIIT) et les géants du web. Apple s’est par exemple empressé de suivre la loi, supprimant rapidement les applications de VPN sur son App Store local.

Amazon, à travers son allié, semble aller dans le sens d’un respect strict des lois locales selon Reuters. L’agence rapporte depuis Beijing que la société Sinnet Technology se prépare à s’engager auprès du MIIT : tous les clients qui utiliseront un VPN interdit en Chine seront exclus du service. « Si nous découvrons un client utilisant un VPN illégal, nous éteindrons nos services. C’est en accord avec les directives du MIIT.  » explique un employé anonyme à Reuters.

Aux États-Unis, l’entreprise de Jeff Bezos tente d’échapper à cette question. En répondant au Wall Street Journal, la firme a éludé : « Sinnet porte la responsabilité de s’assurer que ses clients chinois respectent les lois locales.  » Un porte-parole a ajouté : « Une notification a été envoyée pour rappeler leurs obligations aux clients  ».

une volonté politique de fer

Comme Apple, Amazon et son patron, Jeff Bezos, ont préféré rester dans les clous des demandes chinoises. L’entreprise de Cupertino a admis regretter la suppression des VPN sans toutefois chercher à sensibiliser sur la question. Pour ces géants américains, le marché chinois semble trop important pour entrer en conflit avec le gouvernement. De nombreux Chinois et expatriés espéraient pourtant trouver chez ces géants une solidarité au moins technologique pour continuer d’utiliser des VPN, qui, pour rappel, permettent d’accéder au web sans la censure et les blocages chinois grâce à un « tunnel » anonymisé.

À l’évidence, les grandes sociétés occidentales comptent se plier au moins publiquement à ces nouvelles contraintes. L’expérience chinoise est de fait particulièrement intéressante puisqu’elle permettra de mesurer la résistance des brèches du Grand Pare-feu de Beijing face à une volonté politique de fer.

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